Daesh, chômage, nucléaire : Les annonces d’Emmanuel Macron sur France 2

Emmanuel Macron a évoqué grand nombre de sujets en réponse aux questions de Laurent Delahousse. Morceaux choisis de l’émission diffusée sur France 2. 

L’émission était tournée le 12 décembre, il y avait le sommet dédié à la lutte contre le réchauffement climatique à Paris, le président de la République a bien sur ouvert lui-même son discours sur les issues de l’écologie. Il a avoué ne pas être « un activiste du climat depuis des décennies ». Selon ses mots, il a lu, écouté et appris, et en fait maintenant un de ses combats principaux. « Je suis convaincu qu’on peut avoir un dynamisme économique et une exigence écologique. »

Il a profité de cette confession personnelle pour renouveler son souhait de fermer toutes les centrales à charbon d’ici la fin de son quinquennat, et rappelle aussi être favorable aux centrales nucléaires, une position qui ne plait pas aux représentants écologistes.

« Ce n’est pas mauvais pour les émissions de CO2, c’est même la meilleure manière décarbonée de faire de l’électricité, mais ça fait peur. Il faut choisir ses batailles, ma priorité c’est les émissions de CO2. »

Comme toujours, Emmanuel Macron a défendu ses équipes, principalement Nicolas Hulot, critiqué pour ses interventions dans les dossiers délicats comme le CETA ou le Glyphosate. « Il a son tempérament, mais il apprend contraint du pouvoir. » « C’est un inquiet, c’est pour ça que je l’ai choisi. »

Gagner la guerre

Ce qui a le plus marqué les esprits, ce sont ses déclarations fortes sur l’Etat Islamique. En plus d’avoir clairement dit être en guerre face à l’organisation djihadistes, il souhaite y mettre fin, et s’engage à l’avoir remporté d’ici la fin du mois de février. A l’évocation de Bachar El Assad, il annonce clairement prioriser l’extermination de Daesh à celle du président Syrien. Après la victoire contre le terrorisme, il souhaiterait discuter avec le dirigeant, et ses représentants, et trouver une solution diplomatique, sans pour autant oublier qu’il devra répondre de ses crimes face à la justice internationale.

« Dans le processus que la France souhaite voir émerger en début d’année prochaine, il y aura des représentants de Bachar mais je souhaite aussi et surtout qu’il y ait des représentants de toutes les oppositions, y compris de ceux qui ont quitté la Syrie pour leur sécurité à cause de Bachar et non de Daesh. »

Après cette victoire qu’il évoque, il souhaite donc privilégier la diplomatie, en laissant la parole aux représentants de Bachar El Assad, ainsi qu’à l’opposition.

 

Des résultats dans deux ans

Emmanuel Macron attend des résultats sur la question du chômage. Des décisions ont déjà été prises, depuis le début de son mandat, il est revenu sur les nombreuses contestations dont il a fait l’objet. Toutes les mesures misent en places, ont selon lui un délai de deux ans avant d’être effectives. Aux questions de Laurent Delahousse, il répète plusieurs fois prendre ses responsabilités, et affirme avoir fait la reforme la plus importante que la France évitait depuis 20 ans. En référence aux modifications du code du travail, vivement critiqué, accusé notamment de facilité le licenciement, et d’évincer les syndicats.

« On fait également 10 milliards de baisses de fiscalité pour les entreprises et les ménages. Il faut lancer les réformes dès le début du mandat pour ensuite avoir des résultats. »

Une réforme très importante selon ses mots, accompagnée par celle de la formation professionnelle, l’apprentissage et l’assurance-chômage, dont les textes seront votés au printemps. Il assure qu’ensemble, ces deux réformes valent la peine de mettre en jeu sa popularité.

Crise de l’audiovisuel public

Interviewé sur France 2, le président de la République, n’a pas manqué d’évoquer la crise de France Télévision. Alors que Delphine Ernotte a fait l’objet d’une option de défiance votée par les journalistes, elle continue de mener de nombreux licenciements, le gouvernement est parfois accusé d’y être mêlé.

« Il faut regarder comment les usages sont en train de se transformer. Les plus jeunes regardent de moins en moins la télévision. Ils vont la regarder sur leur smartphone, sur leur tablette. (…) On doit reposer les bases. »

Lisa Henry

Écrit par IEJ3A