Cyril Ramaphosa, le vice-président sud-africain prend la tête du parti au pouvoir

Photo:  (Public) Le vice-président Cyril Ramaphosa lors de l’inauguration du nouveau Premier ministre du Royaume du Lesotho, le Dr Motsoahae Thomas Thabane au stade Setsoto. Crédit : Siyabulela Duda

Au terme d’un vote très serré, le vice-président sud-africain Cyril Ramaphosa a été élu lundi 18 décembre, à la tête du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC). Un défi de taille, il n’a que peu de temps pour lutter contre la corruption et redresser l’économie avant les élections de 2019.

Lundi soir l’ancien syndicaliste reconverti succède au chef de l’état Jacob Zuma qui était depuis 1994 à la tête de l’ANC. Après un vote auquel participaient 5 000 délégués de l’ANC, il a battu son opposant Nkosazana Dlamini Zuma, l’ex-épouse du président sortant, avec 179 voix d’avance. Il n’obtient donc pas la majorité dont il a besoin pour mener à bien ses réformes, et partage donc à égalité les 6 postes clés du parti avec le camp adverse.

« Pieds et poings liés »

Avec une si faible majorité, il sera difficile pour le nouvel homme fort de l’ANC de rompre avec l’ère Zuma. Elu grâce à son programme pour dynamiser une économie molle, lutter contre un taux de chômage élevé (27,7%), et pour son combat contre la corruption, Cyril Ramaphosa devra donc composer. Impossible pour lui de destituer Jacob Zuma, sur qui pèse des soupçons de corruption, sans une plus grande majorité. « Je ne vois pas comment il va pouvoir faire reculer la corruption au sein de l’Etat avec une majorité aussi ténue », a déclaré Susan Booysen, professeur à l’université du Witwatersrand à Johannesburg.

De nombreux chantiers doivent être entamés avant les élections présidentielles de 2019. En ligne de mire, la lutte contre le chômage et le retour à une croissance plus forte qui devrait se heurter a l’opposition dans son propre camp. Cette victoire n’en n’est pour l’instant pas vraiment une, même si l’élection envoie un signal fort aux investisseurs. En effet, le marché a réagi positivement à l’annonce, avant de retomber le lendemain.

Pour Ramaphosa, il faudra négocier le départ de l’actuel président, ce qui pourrait inclure une immunité. C’est le seul moyen pour lui d’entamer les réformes profondes et structurelles dont le pays a besoin pour se reconstruire avant les élections de 2019. Son objectif est aussi de redorer le blason de l’ANC. Lors des municipales, le Congrès national africain avait perdu le contrôle des municipalités de Johannesburg, Pretoria et Port Elizabeth (sud-est).

Cyril Ramaphosa devrait donner le ton de son nouveau mandat demain, lors de son discours de clôture du congrès.

Louis Troadec

Illustré par Benjamin Teil

 

Écrit par IEJ3B