Cyril Ramaphosa, l’ancien dauphin de Nelson Mandela à la tête de l’ANC

Cyril Ramaphosa (crédit photo: GovernmentZA)

Le vice-président de l’Afrique du Sud, élu hier à la tête du parti au pouvoir, le Congrès National Africain (ANC) est un ancien syndicaliste devenu millionnaire. Il veut incarner aujourd’hui la rupture avec le président actuel et l’espoir du redressement du parti au pouvoir.  

Remportant d’une courte tête l’élection à la tête du parti mythique de Nelson Mandela, Cyril Ramaphosa se retrouve en bonne position pour devenir le futur président de l’Afrique du Sud. Depuis la fin de l’apartheid en 1994, tous les présidents sont issus de l’ANC, le Congrès National Africain. Portrait du probable futur président.

Une jeunesse à Soweto

Matemela Cyril Ramaphosa est né le 17 novembre 1952 à Johannesburg, d’une mère au foyer et d’un père policier. Le quartier est rasé quelques années plus tard et la famille s’installe à Soweto, une banlieue noire à 15 km de Johannesburg, berceau de la lutte contre le régime raciste. Il y passe son enfance avant d’étudier le droit à l’université. Son engagement pour la politique est précoce. Adhérant à l’Organisation des étudiants sud-africains, il est arrêté par le régime en 1974 et passe onze mois en prison, puis est à nouveau emprisonné en 1976 après les émeutes de Soweto. Il reçoit son diplôme d’avocat en 1981. Il s’engage déjà contre le régime raciste.

Un syndicaliste expérimenté…

Socialiste convaincu, et fervent détracteur de l’apartheid, il participe à la fondation du Syndicat national des mineurs (NUM), qui deviendra la plus grande centrale syndicale du pays. Il obtient le poste de secrétaire général. 300 000 personnes adhèrent. En 1987, lors des grandes grèves, il s’illustre comme un négociateur hors pair tenant tête au patronat blanc. Il participe également aux négociations en 1990 pour mettre fin à l’apartheid. Il visite Nelson Mandela en prison et tisse de forts liens avec ce dernier. Nelson Mandela prend le pouvoir en 1994, crée l’ANC et nomme son poulain vice-président. Pourtant, ce n’est pas lui qui succédera au héros national. Il quitte, tout du moins pour un temps, la politique.

…puis les millions

Il quitte l’ANC pour le monde des affaires. Profitant largement du Black Economic Empowerment, un système de discrimination positive, il rentre dans les conseils d’administration des grands groupes. Il fonde plus tard Shanduka, un holding et devient importateur pour Coca-Cola et McDonald’s. Sa fortune personnelle est aujourd’hui estimée à 410 millions d’euros, la 42ème du continent.

Retour en politique 

Seul point négatif au tableau, lors de la grève de 2012 dans l’une des mines qu’il administre, il demande l’appui de la police qui ouvre le feu sur les grévistes, faisant 34 morts. C’est la première rupture entre le peuple et l’ANC.

Porté par les marchés financiers dont il a acquis le soutien et la confiance, et miraculeusement préservé du scandale de la mine, il accède directement au poste de vice-président de l’ANC la même année. Appelé en renfort par le président Jacob Zuma qui cherche à redorer son blason suite aux multiples soupçons de corruption qui pèsent sur lui, Ramophosa axe sa campagne sur la lutte contre cette dernière. Il est élu le 18 décembre à la tête du parti.

Louis Troadec

 

(Edité par Mané Alexanian)

Écrit par IEJ3B