Crise des Rohingyas : une ONG dénonce le double-jeu du gouvernement

Image d’illustration d’un village Rohingyas brûlé, dans l’Etat de Rakhine au nord de la Birmanie (© Moe Saw, VOA, domaine public)

Selon l’ONG Human Rights Watch, quarante villages Rohingyas ont été incendiés en Birmanie, au mois d’octobre et de novembre.

Lundi, l’ONG Human Rights Watch a publié de nouvelles images satellites montrant que quarante villages Rohingyas avaient été incendiés dans l’Etat de Rakhine en Birmanie, au cours des mois d’octobre et de novembre. Ce chiffre inquiétant s’ajoute à l’estimation publiée par Médecins sans frontières jeudi dernier, révélant qu’au moins 6700 Rohingyas auraient été tués entre fin août et fin septembre. Les forces armées birmanes sont accusées d’épuration ethnique contre les Rohingyas, une minorité victime de fortes discriminations dans ce pays majoritairement bouddhiste. Plus de 650 000 d’entre eux ont déjà fui vers le Bangladesh.

Ces quarante villages viennent s’ajouter à quelque 350 autres, détruits depuis le 25 août 2017. Ce jour correspond à une vague d’attaques contre des postes de police menées par des rebelles musulmans.

 

« Ces images montrent ce que l’armée nie »

Le 23 novembre, un accord entre le Bangladesh et la Birmanie a été signé. Les premiers réfugiés Rohingyas pourront théoriquement rentrer dans leur pays d’«ici deux mois». «La destruction de ces villages est bien la preuve que l’accord de rapatriement des réfugiés avec le Bangladesh n’est qu’une affaire de relations publiques», a expliqué Brad Adams, le directeur d’Human Rights Watch, avant d’ajouter que «ces images montrent ce que l’armée nie : les villages rohingyas continuent d’être détruits. Le gouvernement birman promet d’assurer la sécurité du retour des Rohingyas, on ne peut pas le prendre au sérieux».

 

Léa Bitton

Hippolyte Corneille (infographie)

Écrit par IEJ3B