Crédit lyonnais: Bernard Tapie renvoyé devant le tribunal correctionnel

Bernard Tapie aux micros de la RTBF ( Crédit photo : capture d’écran Youtube)

En 2008 Bernard Tapie touchait 404 millions d’euro pour régler son litige avec le Crédit lyonnais. Il y aura un procès pénal sur l’arbitrage.

Au terme d’une instruction de plus de cinq ans, les juges en charge de l’affaire ont décidé de renvoyer Bernard Tapie, ainsi que son avocat Maurice Lantourne (entre autres) devant le tribunal correctionnel, pour escroquerie et détournement de fonds publics entant qu’auteurs ou complices.
En 1993, Bernard Tapis achète Adidas au Crédit lyonnais pour un peu plus de deux milliards de francs (l’équivalent de 318 millions d’euros), alors que selon lui, le Crédit lyonnais avait déjà engagé des négociations avec l’industriel quand il lui a racheté la marque «à son insu» . L’homme d’affaires a toujours clamé haut et fort qu’il avait été lésé par la banque qui avait revendu la société allemande deux ans plus tard à l’industriel Robert Louis-Dreyfus pour 4,65 milliards de francs (670 millions d’euros). Pourtant cette thèse a été discrédité par les investigations policières.

Des intérêts personnels

À l’issue de ce conflit, Bernard Tapie avait d’abord obtenu une décision favorable en 2005, finalement annulée par la Cour de cassation. En 2008, il décide de se tourner vers la justice privée via la procédure d’arbitrage, ce qui lui permet d’empocher 404 millions d’euros. Mais l’enquête pénale qui a suivit cette décision a finit par conclure qu’elle n’avait pas été choisie pour défendre les intérêts de l’état, considérant que l’arbitrage n’aurait été qu’un prétexte pour défendre les intérêts personnels de M. Tapie.

En effet, l’enquête a permis de mettre en lumière le rôle de Nicolas Sarkozy. À l’époque de son mandat, l’état avait manifesté tout son soutien pour sortir M. Tapie du litige qui l’opposait au crédit lyonnais.
L’ancien président de la République n’a jamais souhaité s’expliquer dans le cadre de la procédure, sous prétexte de son immunité présidentielle. Sa ministre de l’Économie, Christine Lagarde avait elle été condamné devant la cour de justice de la république pour négligence en raison de son implication personnelle.

Le 17 février 2015, l’argent public que Bernard Tapie avait touché, devait être rendu sur décision de justice car les juges estimaient que cette l’affaire était frauduleuse.
Une décision validée par la Cour de cassation en juin 2016 , «une somme qui a été payée en exécution d’une décision de justice ou d’une sentence arbitrale qui a été ensuite rétractée doit être restituée».
Pour ces infractions, Bernard Tapie ainsi que les 6 autres personnes mises en cause dans l’affaire encourent jusqu’à dix ans de prison.

 

Marie Bloeme

Édité par Maxence vanhille

Écrit par IEJ3B