Crash de l’A320: les détails de l’enquête

Après avoir d’abord envisagé la piste de l’homicide involontaire, les enquêteurs se sont finalement tournés vers la thèse du geste fou. Les premiers éléments de l’enquête sur le crash de l’A320 de la Germanwings ont révélé qu’Andreas Lubitz, le copilote allemand, avait pour volonté de détruire l’avion. Retour sur l’enquête.

 

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L’avion de la Germanwings comptait 144 passagers et 6 membres d’équipage

 

 

Les moyens déployés

Deux enquêtes ont été lancées, l’une technique par le BEA du Bourget et les experts allemands (BFU), l’autre judiciaire menée par le pôle accidents collectifs du parquet de Marseille. Tout d’abord l’analyse à l’aide d’experts sur l’état de l’appareil et ses hypothétiques défaillances techniques avant de quitter le tarmac. Pour cela des conseillers techniques d’Airbus se sont rendus sur place pour faciliter le travail des experts.

Une seconde enquête ouverte pour homicides involontaires se concentre sur les responsabilités liées à ce crash. Après les nouveaux éléments découverts, le procureur Brice Robin a dit « réfléchir à une requalification de l’enquête ».

Les équipes déployées réalisent des missions différentes alors que certaines s’occupent des hélitreuillages, les autres ont pour missions de réaliser des prises de vues de la zone qu’ils transmettront ensuite à Paris et au centre interministériel de crise.

Les différentes hypothèses

« Tout s’oriente vers ce geste qu’on n’arrive pas à qualifier : criminel, fou, suicidaire… Comment peut-on imaginer qu’un pilote en qui on a toute confiance, ce sont des héros pour beaucoup – quel n’est pas le gamin qui a envie de devenir pilote – qui précipite, après avoir fermé la porte ou empêché le pilote de rentrer dans la cabine, l’avion dans la montagne ? » déclarait Manuel Valls sur i>Télé.

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L’hypothèse de l’attentat terroriste a cependant été écartée suite à la découverte de l’une des deux boîtes noires, celle qui enregistre les conversations et sons dans le cockpit. Après analyse, les experts ont pu entendre que le copilote s’était enfermé dans la cabine alors que le commandant de bord se serait absenté. Ce dernier a alors tenté d’enfoncer la porte comme le confirme Brice Robin. «  Juste avant l’impact final, on entend des coups portés violemment, comme pour enfoncer la porte ».

Aussi évoquée, l’incapacité des pilotes à bien contrôler l’appareil. « Un avion qui descend face à un relief n’est pas un comportement normal d’un pilote professionnel. Celui-ci traduit probablement une incapacité des pilotes à contrôler leur trajectoire », affirme l’un des pilotes Airbus qui a survolé la zone des dizaines de fois.

La zone où l’avion s’est écrasé est très escarpée. Elle est uniquement accessible en hélicoptère ou après une longue marche. Cela rend le travail des enquêteurs encore plus difficile. Les opérations de recherche qui avaient repris jeudi, pour retrouver les corps et la seconde boite noire de l’A320, ont cessé à la tombée de la nuit.

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Nouhad Belkhadem et Paul Blin Kernivinen

Écrit par nouhadaudrey