Le 31 octobre dernier, un avion de ligne russe s’écrasait dans le Sinai égyptien. Une semaine après le drame, les hypothèses fusent. Tour d’horizon des versions possibles.

23 minutes après avoir décollé de l’aéroport de Charm-El-Cheik, un avion russe s’écrase dans le désert du Sinai, tuant les 224 personnes à bord. Pendant que les recherches se poursuivent pour retrouver les derniers corps et éventuellement des indices, les spéculations vont bon train quant aux causes de l’accident. Si le branche égyptienne du groupe djihadiste Etat islamique (EI) affirme être responsable du crash, tout n’est pas encore résolu.

Le ministère de l’aviation civile égyptien avait annoncé que les enquêteurs avaient extrait et validé le contenu de l’enregistreur de vol, une des deux boîtes noires de l’avion russe. Toutefois, la seconde boîte noire, qui enregistre les conversations dans le cockpit, a été partiellement endommagée et il faudra beaucoup de travail pour en collecter les données.

L’Etat Islamique se dit responsable

Le groupe Province du Sinaï, branche de l’organisation EI dans la région, a affirmé mercredi dans un message audio être à l’origine du crash, promettant d’en apporter la preuve en temps voulu. L’EI ne donne toutefois pas de détails supplémentaires sur son mode opératoire et la nature de son armement, une question qui divise les spécialistes. Les premières revendications djihadistes avaient été écartées car il est exclu que l’avion ait pu être atteint à près de 10 000 mètres d’altitude par un missile du type de ceux dont dispose l’organisation EI dans le Sinaï. Restent donc deux hypothèses : un problème technique provoquant une explosion et une dislocation immédiate de l’appareil sans laisser le temps au pilote de communiquer – cas rarissime, selon les experts –, ou une bombe installée dans l’appareil.

Vous pouvez voir ici une vidéo explicative de la BBC News (en anglais)

L’hypothèse de la bombe se précise

Londres et Washington, aidés d’experts aéronautiques accréditent fortement l’hypothèse d’un attentat. Une bombe se serait donc trouvée à bord de l’avion, en soute avec les bagages. Si la cause est bien un engin explosif, faut il remettre en question la sécurité au sein de l’aéroport de Charm El Cheik ? Plusieurs états partagent cet avis. Le Quai d’Orsay déconseille aujourd’hui les Français de se rendre dans la station balnéaire tandis que les avions en direction de la Grande Bretagne partiront sans bagages en soute. La théorie d’une bombe est en tous cas partagée par le Royaume-Uni et les Etats-Unis, en accord avec les spécialistes.

L’aéroport en question n’est en tous cas pas un modèle en matière de sécurité. Le problème ? Pour l’analyste américain David Soucie, c’est le personnel. Ils seraient en manque de contrôleurs pour les bagages et les quelques personnes travaillant sur place ne serait pas de toute confiance. L’accès aux pistes pose aussi problème : en mai, un homme avait été arrêté après s’être introduit sur le tarmac et avoir jeté un objet dans le moteur d’un avion.

Clara Tellio

Écrit par claratellio