Corée du Nord/Sud : retrouvailles après 60 ans de séparation

Près de 400 Sud-Coréens ont franchi hier la frontière avec la Corée du Nord à l’occasion d’une réunion rarissime des familles séparées par la guerre (1950-53).

Soixante ans d’attente pour des retrouvailles émouvantes. Les valises remplies de cadeaux, quatre cent Sud-Coréens sont arrivés hier au Mont Kumgang, en Corée du Nord, pour ce qui restera sûrement l’un des plus beaux jours de leur vie. La plupart d’entre eux ne se sont pas vus depuis 62 ans, la guerre de 1953 ayant conduit à la division de la péninsule et à la séparation de plusieurs millions de personnes.

Des retrouvailles émouvantes, éprouvantes même pour certains, organisées dans le cadre d’un accord qui avait mis fin à une dangereuse escalade des tensions entre les deux États rivaux.

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N’ayant le droit ni de s’écrire ni de se téléphoner, certains ont parfois eu besoin de photos pour pouvoir se reconnaître. «Je ne réalise pas encore. Je croyais qu’il m’avait menti pour m’apaiser», explique Lee, une sud-coréenne de 87 ans qui n’avait pas revu son mari depuis 65 ans.

Des retrouvailles encadrées

Durant trois jours, les rencontres s’organisent sous la haute surveillance du régime nord-coréen. Les familles ne pouvant se voir qu’en public, n’auront que six fois deux heures en trois jours pour tenter de combler un vide vieux de plus de plusieurs décennies. Un programme minuté et très surveillé puisqu’à la suite de ces rencontres tout contact, même par lettre, restera interdit.

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Ce n’est que la deuxième fois en cinq ans que le pouvoir communiste autorise ce genre d’évènement. Il avait déjà annulé au dernier moment plusieurs réunions de ce genre. De son côté, la Corée du Sud demande des retrouvailles plus fréquentes, mais se heurte au refus du régime de Pyongyang. Le régime de Kim Jong-Un interdit tout contact entre les deux branches de la péninsule.

La dernière réunion de familles remonte au mois de février 2012 et les quelques Sud-Coréens autorisés à passer temporairement la frontière ont eu de la chance. Près de 65.000 Sud-Coréens espèrent toujours revoir un jour leurs proches.

Solène Quillot

Écrit par Solène Quillot