Conseil de Paris : qui soutient les JO 2024 ?

Le Conseil de Paris se réunit lundi prochain. A l’ordre du jour, le dossier épineux de la candidature de la capitale pour l’organisation des Jeux olympiques 2024. Les six groupes politiques du Conseil sont divisés. Certains se sont ralliés à la maire Anne Hidalgo, tandis que d’autres continuent de s’y opposer. État des lieux.

Du côté de l’UMP, deuxième groupe le plus représenté au conseil de Paris, on dénonce en premier lieu le « plan de communication regrettable » d’Anne Hidalgo. La maire de Paris, à l’origine réticente à l’idée d’un candidature parisienne à l’organisation des Jeux olympiques 2024, avait changé son fusil d’épaule après la réaction télévisée de François Hollande, en novembre dernier. Le groupe parlementaire de droite parle aujourd’hui d’une situation « plus apaisée » et affirme que « maintenant que le mouvement sportif a affirmé vouloir s’engager » dans cette candidature, l’UMP « porte le projet ».

Les Verts pour une consultation populaire

Le 22 février dernier, les écologistes émettaient un premier bémol à la candidature parisienne à l’organisation des JO 2024. Dans une lettre ouverte à « Madame la Maire », ils dénonçaient une « décision aussi soudaine que déroutante dans sa précipitation ». Dans ce courrier, le groupe Europe Ecologie-Les Verts réclamait à Anne Hidalgo que soit tenu une « consultation populaire et démocratique » sous la forme d’un référendum. Aujourd’hui, même son de cloche du côté des écologistes et de leur chef David Belliard au Conseil de Paris. Pour Bernard Jomier, adjoint au maire de Paris et représentant EELV au Conseil de Paris, « il faut faire un choix » entre les JO et l’exposition universelle de 2025, à laquelle Paris postule également. Selon lui, croire que la capitale pourrait organiser les deux, « c’est un peu se moquer du monde ». L’élu estime ainsi qu’il faut « déterminer le projet qui peut le plus présenter des caractéristiques de développement durable » et ne pas choisir en tablant sur « un éventuel torrent d’argent ». Pour l’adjoint au Maire, les écologistes ont donc « une préférence pour la candidature de Paris à l’organisation de l’exposition universelle de 2025 », qui semble pouvoir « présenter un cahier des charges assez élaboré en terme de développement durable ». Et l’élu de rappeler qu’« il ne doit pas y avoir de secret », et que son groupe au conseil de Paris veut que « les Parisiens soient appelés à se prononcer ».

 

Du côté de l’UDI même son de cloche

Du côté du groupe UDI-Modem, à l’inverse des écologistes, on estime que la candidature parisienne à l’organisation des JO 2024 est « respectueuse de l’environnement ». Dans un communiqué du mois dernier, le président du groupe d’élus au conseil de Paris, Yves Pozzo di Borgo ajoute que l’événement sportif constituerait « un nouveau souffle » et « une chance » pour Paris. Un constat partagé par Ann-Katrin Jégo, qui siège également au Conseil de Paris. Le 8 février, l’élue estimait sur son blog qu’après les récents attentats, l’organisation de Jeux par Paris permettrait à la capitale de délivrer « un magnifique message d’espoir », confortant sa position « de terre des droits de l’Homme ». Et la conseillère municipale de rallier les socialistes : « Les JO 2024 coûteraient moins cher que ceux planifiés en 2012 par Bertrand Delanoë ».

 

 

Les centristes pour un encadrement

 « Nous controns l’UDI. Nous ne voterons pas le voeu contre Anne Hidalgo. Nous ne pouvons pas nous priver d’un tel événement ». C’était le début. Premier mouvement et première prise de position du groupe Radical de gauche, centre et indépendants (RG-CI). A la baguette, Jean-Bernard Bros. Pour le groupe la position est claire : « Nous ne sommes pas opposés à cette candidature. Ne soyons pas dans une logique contradictoire. C’est un événement exceptionnel avec des retombées économiques et sociales exceptionnelles ». Le Parti radical de gauche a d’ailleurs appuyé la candidature de Paris aux côtés d’Anne Hidalgo sans pour autant assumer le consensus : « Nous soutenons cette candidature, mais espérons des garanties budgétaires précises. Un tel évènement peut-être très positif si il est bien géré et bien encadré. c’est la clé de l’organisation ».

Front de gauche : unis contre Hidalgo

C’est certainement le groupe le plus opposé à cette candidature pour l’accueil des JO au sein du Conseil de Paris. Le Groupe communiste-Front de gauche est conduit par Danielle Simonnet, conseillère de Paris et secrétaire nationale du Parti de gauche. Malgré tous les bons côtés fédérateurs et unifiants qu’ils reconnaissent au projet, le groupe d’extrême gauche résume cette compétition par « des investissements pharaoniques qui ne servent que les intérêts des multinationales ». Le problème est là, pour Danielle Simonnet, les JO sont trop capitalistes : « On dépasse le cadre du sport. C’est une affaire de lobbying des grandes entreprises et le contribuable va encore passer à la caisse ».

Mise en cause par le groupe, la défiscalisation des bénéfices des entreprises organisatrices, pour évidemment attirer la candidature, « c’est-à-dire l’avantage que l’on donne à des multinationales alors que les PME continuent de payer leurs impôts ». Fermement opposé, le groupe dénonce aussi une chasse au tourisme qui n’est pas la bonne : « Organiser les Jeux ne marquera pas le début d’une croissance touristique ». Même si le groupe d’extrême gauche du Conseil de Paris a conscience d’être un peu seul dans la bataille du contre, il ne ménage pas ses efforts. L’élue a même formulé un voeu pour tenter de convaincre Anne Hidalgo d’annuler la candidature de Paris. Elle l’exposera au Conseil de Paris lundi prochain.

 Maxime Magnier et Valentin Lierre 

Écrit par mmy