Concerto pour un cerveau

Apparu dans les années 1990, l’effet Mozart est une étude scientifique liant l’écoute de la musique classique à un accroissement de l’intelligence. Malheureusement, cette affirmation tient davantage de la croyance populaire que d’une véracité scientifique. En effet, depuis la publication de cette étude, aucun scientifique n’a été en mesure d’en certifier l’authenticité, et ces derniers se sont attelés à introduire des nuances. La question demeure alors : quel est réellement l’impact de la musique classique sur notre cerveau ?

Julia Fisher

Julia Fisher

 

Tout n’est pas blanc ou noir. Comme la musique, la science se nourrie de nuances. L’effet Mozart introduit par Rauscher, Shaw et Ky a d’abord été présenté comme bénéfique aux étudiants. Dans la très sérieuse revue anglo-saxonne Nature, la sonate de Mozart pour deux pianos en ré majeur est peinte comme une aide pour résoudre des tâches d’intelligence spatiale.

 

 

Testé sur deux groupes distincts, les conclusions supposaient que le groupe ayant écouté la sonate était ensuite plus à même de résoudre ses problèmes scolaires, avec une intelligence augmentée pendant 10 minutes.

 

S’en suivirent d’autres études, que cela soit sur des rats de laboratoires ou encore des enfants, toutes interprétées selon les résultats que semblaient espérer les musicologues ou neurologues. Pourtant, à la suite de cette pseudo-découverte, les effets furent considérables. Dans toutes les crèches fut diffusé du Mozart et certains états américains, comme la Géorgie, offraient même un CD du compositeur allemand à chaque nouveau né. Entre 1993 et 2002, c’est près de 500 articles qui seront publiés à ce propos. L’effet Mozart a d’abord concerné les étudiants puis les enfants pour finir avec les personnes âgées.

 

Il faut attendre que l’Université de Vienne se penche sur ce cas et ainsi conclure que toutes ces études étaient incomplètes, voir inexactes. C’est en compilant l’ensemble des travaux réalisés sur ce thème que la conclusion devint une évidence :

« Ceux qui ont écouté de la musique, Mozart ou autre chose – Bach, Pearl Jam – ont de meilleurs résultats que ceux du groupe silencieux. Mais on sait déjà qu’une personne est plus performante s’il y a un stimulus », a expliqué Jakob Pietschnig, qui a dirigé l’étude.

Selon lui, si l’effet Mozart a été publié, c’est simplement parce qu’une étude aux résultats positifs a toujours plus de chance d’être sélectionnée.

La musique classique n’aurait donc aucun effet positif ?

Les études n’ont jamais cessé concernant l’impact de la musique classique sur le cerveau. Avec l’essor des sciences cognitives, il est désormais possible d’avancer que la musique classique joue sur certains gènes et neurotransmetteurs, comme la dopamine. L’écoute d’un morceau de Tchaïkovski ou Listz pour ne citer qu’eux, stimule ce que le cerveau associe à la récompense et au plaisir. C’est ce qu’a démontré l’Université de Helsinki. Plus précisément, les études d’imageries cérébrales montrent très clairement que la musique classique régule les émotions et augmente la sensation de plaisir.

 

 

 

Cependant, si aucun plaisir n’est ressenti à l’écoute de cette merveille, c’est peut être que votre oreille n’est pas assez entrainée. En effet, les chercheurs notent l’importance de la familiarisation et l’expérience musicale pour induire ces effets bénéfiques.

Commencez donc par des thèmes moins complexes afin d’habituer l’oreille à la beauté de la musique pour aller vers ce qui vous plait le plus. En guise de conseil, la Moldau (poème symphonique, c’est-à-dire une pièce musicale inspirée par un poème), évoque le cours d’une rivière de sa source jusqu’à son confluent permettant ainsi de ressentir le flux de l’eau.

 

 

 

Comme disait Ludwig Van Beethoven : « La musique est révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie »…

Alexandre Benyahia

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Écrit par alexandre.benyahia