Comment les séries perçoivent les avancées technologiques

Dans trois semaines commencera le célèbre Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas, l’un des plus gros rendez-vous dédié à l’innovation technologique. Alors que la technologie ne cesse de progresser, les séries d’anticipation s’amusent à nous montrer quel pourrait être le revers de la médaille.

ATTENTION SPOILERS – Cet article révèle l’intrigue des séries « Black Mirror », « Westworld » et « Real Humans »…

« Westworld » sur HBO, « Real Humans » sur Arte ou « Black Mirror » sur Netflix : les séries d’anticipation font mouche. Les points de vue sont divers. En effet, ils varient selon les bienfaits ou les méfaits de la technologie sur l’humanité. Ces séries reflètent notre rapport au progrès et nous font nous interroger sur notre société. On s’y identifie facilement car elles sont représentatives d’un futur proche et font ressortir nos angoisses, nos espoirs et nos fantasmes générés par le poids croissant des nouvelles technologies.

 « Westworld » et « Real Humans » ou le questionnement de la limite des droits des robots

La première saison vient de s’achever, et a soulevé bon nombre de questions. « Westworld », est un parc d’attraction futuriste, peuplé de personnages créés de toute pièce mais aux aspects humains convaincants que l’on appelle les « hôtes ». Les Hommes ou visiteurs payent pour vivre une expérience des plus réelles sur le thème de l’époque du Far West. Tous leurs fantasmes les plus fourbes peuvent y être réalisés. Ils peuvent, sans aucun scrupule, tuer ou bien même violer ces robots mis à leur disposition. Selon la description de la série par HBO, « Westworld » est « une odyssée sombre à l’aube de la conscience artificielle et des péchés du futur ». 

Au départ les hôtes n’ont pas conscience de leur non-humanité. Plus les épisodes avancent et plus il est difficile de ne pas avoir de compassion pour eux car ils ne cessent de s’humaniser et prennent conscience de leur captivité. Le spectateur va finir par ne plus savoir dans quel camp se placer. Certains hôtes paraissent plus humains que certains visiteurs. La série surprend même, en dévoilant qu’un personnage que l’on pensait humain est en fait un robot. La limite entre les deux espèces est quasi inexistante et nous interroge sur la légitimité que l’on a à contrôler les machines. Tant qu’elles n’ont pas de consciences elles restent fictives mais si la technologie est poussée trop loin nous pourrons facilement perdre le contrôle et donner vie à une nouvelle espèce. Et si, comme dans la série, cette nouvelle espèce nous a servi de jouet, elle pourrait bien un jour se rebeller contre nous.

Dans « Real Humans », les robots ne vivent pas dans un parc pour divertir la race humaine, mais à ses côtés pour la remplacer sur ses taches pénibles. Ces nouveaux esclaves s’appellent les « hubots ». Eux aussi finissent par développer une conscience et donnent l’impression aux téléspectateurs d’être humains. Le spectateur va s’identifier à ces machines et se questionner sur leur légitimité à être libres. D’ailleurs pour aider à cette réflexion, deux camps s’opposent dans la série: les pros et anti-hubots, pour ou contre leur libération.

« Notre corps est de plus en plus compatible avec les machines. En se projetant dans l’avenir, il n’est pas complètement fou d’imaginer un futur où nos esprits aussi pourront profiter d’une technologie robotique, expliquait le producteur Henrik Widman à Télérama en 2014. Nous pensons d’abord à divertir… En faisant réfléchir les gens. »

« Black Mirror » : Une vision dramatique, où l’addiction technologique pourrait nous mener.

« Black Mirror » est une production britannique qui a été rachetée récemment par la plateforme Netflix pour une troisième saison. Contrairement aux autres séries, chaque épisode est indépendant et traite de sa propre histoire.

Cette série prend pour point de départ plusieurs problématiques contemporaines, qu’elle met en scène dans un futur proche. Le premier épisode de la saison 3 caricature par exemple notre addiction aux réseaux sociaux. Chaque personne note les autres sur 5 étoiles, et en fonction de votre moyenne vous êtes bien ou mal placé dans la société.

Charlie Brooker, le créateur de cette fiction, a expliqué à France 4 qu’il s’inspirait de faits réels qu’il voyait à la télé ou encore qu’il vivait lui-même. Chaque épisode est un reflet malsain de notre société, et crée chez le spectateur une réelle remise en question.

Ce genre de séries n’a pas fini de nous travailler. Et si elles peuvent être perçues comme une prévention, le débat sur les bienfaits de la technologie reste ouvert.

Shade Vetier

Écrit par iejpedago