Comment le numérique a changé les contours de l’économie solidaire

Les années 2000 ont définitivement acté la montée en puissance de l’économie solidaire. Si le concept est vieux comme le monde, l’apparition effrénée de nouvelles technologies, notamment dans le domaine de la communication, a défini les contours nouveaux pour la pratique. 

Il faut être peu instruit des vérités historiques pour croire que l’économie solidaire est un phénomène nouveau. Dans la Grèce antique, par exemple, la solidarité s’organise en ligues et apparaît en parallèle des premières ébauches de démocraties et de discours politique. Depuis que misère existe, solidarité il y a.

Aujourd’hui, nombreuse sont ses formes. Nombreux aussi sont les organismes à sensibiliser à plus de solidarité. Pour manœuvrer, ces derniers disposent d’une panoplie de nouveaux outils. Les réseaux sociaux, d’abord : ils permettent d’organiser des rassemblements, de communiquer sur un événement auprès d’un grand nombre de personnes, instantanément. Par exemple, Adrien Sitbon, avec son mouvement  « Solidarités Jeunesses », se sert de Facebook pour permettre à des jeunes en situation d’exclusion d’entrer en relation avec des professionnels (avocats, médecin, etc). 

« C’est souvent sur Facebook que se fait le premier contact avec les jeunes. L’anonymat du net leur permet de s’émanciper de tout sentiment de honte que peut ressentir celui qui demande de l’aide. Il arrive aussi que ce soit les proches qui prennent contact« , raconte-t-il.

De nouveaux concept arrivent à mesure que progressent les avancées technologiques. Une multitude d’application smartphone ont vu le jour. Le site Butterly Effect, en recense quelques unes avec lesquelles ils sont partenaires. Bastien Siebman, fondateur du site, souligne dans un communiqué de presse l’importance pour les associations de se développer dans le secteur.

« Ces dernières années nous avons vu fleurir sur internet les sites d’associations, les comptes sur les réseaux sociaux, les dons en ligne, les portails pour associations, les cagnottes, etc. Force est de constater que les moyens de communication et d’interaction avec le public ont évolué et se sont diversifiés sur la Toile. Chaque association peut désormais utiliser les leviers de la communication digitale sans trop de difficultés et à moindre frais. »

La technologie a augmenté la productivité de presque toutes les industrie au monde. Celle de l’économie solidaire aussi. Il existe néanmoins un contrepoint important : la technologie a un coût, et ne s’adresse donc pas à tous les plus démunis. Une autre fracture : celle de l’âge. Les générations n’accueillent pas toujours les nouvelles méthodes de communications avec la même aisance, ou le même enthousiasme. 

Guillaume Laguinier

Écrit par Marie Broyer