Comment devient-on apiculteur

Rejoignez leurs rangs. L’apiculture semble être un métier d’avenir. Cette profession qui était vieillissante il y a encore quelques années a vu la tendance s’inverser. Aujourd’hui dans les ruchers-écoles et autres formations, la moyenne d’âge se situe aux alentours de trente ans. Mais au fait, comment devient-on apiculteur ?

Apprentis apiculteurs au Jardin du Luxembourg. Photo Flickr/@Hotels-HPRG

Apprentis apiculteurs au Jardin du Luxembourg. Photo Flickr/@Hotels-HPRG

Différentes formations existent. Tout d’abord les ruchers-écoles qui sont des associations et ne délivrent aucun diplôme. Certains préfèrent être formés par des apiculteurs et d’autres passent par le Brevet Responsable d’Exploitation Agricole (BPREA) que l’on peut intégrer après le bac. C’est le cas d’Enora Javaudin, 26 ans. Fille d’un apiculteur, elle est actuellement en BPREA pour ensuite reprendre le rucher familial. Mais au sein des diverses formations, tous ne suivent pas cette voie. Simplement car on distingue « deux types d’apiculteurs, ceux de loisirs et les professionnels » nous explique Enora, avant de préciser qu’on trouve bien plus d’apiculteurs de loisir. Et dans ce cas, pas besoin de passer par la case BPREA. Car dans ce brevet, « on apprend les enjeux du métier » nous indique-t-elle. Traduction : la comptabilité, l’élevage des reines etc. Cette formation est accompagnée d’un stage de 10 à 12 semaines obligatoire. « Mais ce n’est pas assez » balaye Enora. Selon elle, « il faut faire au moins une saison chez un apiculteur pour être bien formé ». Tout en sachant qu’une saison débute en mars et se termine en septembre.

« on est dépendant de la météo »

Du côté des ruchers-écoles, on peut s’y inscrire toute l’année. Enora Javaudin le sait bien puisque son père dirige celle de Montreuil. Ici, les élèves suivent des cours le week-end une fois par mois. Avec comme credo, « le matin théorie et l’après-midi pratique ». La plupart des élèves vont ensuite se tourner vers l’apiculture de loisir. Car être un professionnel dans ce métier ce n’est pas facile. « Déjà on est dépendant de la météo » affirme Enora avant d’ajouter, « s’il fait froid et qu’il pleut, on peut oublier ». C’est d’ailleurs en partie pour ça que les abeilles sont bien à Paris. Les villes ont une température légèrement plus élevée que les régions aux alentours.

Hormis la pluie et le beau temps, être apiculteur ça a un coût, même si moins important que les autres domaines de l’agriculture. « Il faut compter environ 50 000 euros pour une miellerie complète » précise Enora. L’avantage? En sortant d’un BPREA, on est subventionné par l’État. Pour être un apiculteur professionnel il faut un rucher d’au moins deux cents ruches. Cependant, « c’est impossible de vivre du miel avec deux cents ruches » assure Enora. Sachant que le miel se vend entre 10 et 20 euros le kilo selon la région et la qualité.

Mais ce métier présente un autre avantage. « À part dans le sud de la France, où il y a plus d’apiculteurs en raison du climat, cette profession n’est pas énormément soumise à la concurrence » conclue Enora.

Charles des Portes

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Écrit par sac