Classiques cyclistes : la fringale française

La saison des classiques est ouverte ! Fin mars, c’est avec Milan-San Remo que se sont lancées les hostilités, comme tous les ans. L’allemand John Degenkolb s’est imposé au sprint. Et les Français dans tout ça ? Nacer Bouhanni a terminé 6e, Tony Gallopin 9e. Des places d’honneur que les tricolores collectionnent depuis trop longtemps.

Mais avant toute chose, qu’est-ce qu’une « classique » quand on parle de cyclisme ? Contrairement aux Grands Tours, étalés sur trois semaines, c’est une course dite d’un jour. La saison des classiques commencent traditionnellement fin mars avec Milan-San Remo puis se poursuit sur tout le mois d’avril avec les Flandriennes – Gand Wevelgem, Tour des Flandres, Paris-Roubaix – et les Ardennaises – Amstel Gold Race, Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège -. La saison se termine en octobre avec le Tour de Lombardie et Paris-Tours.

Chacune de ces courses a ses caractéristiques (les pavés de Paris-Roubaix, les monts du Tour des Flandres…) mais toutes ont un point commun : elles sont très dures physiquement. Comptez 200 kms ou plus ainsi que des conditions climatiques souvent peu clémentes. Bref, des épreuves difficiles que les Français ne gagnent plus.

Frédéric Moncassin, Emmanuel Magnien, Sébastien Turgot, Sylvain Chavanel, Arnaud Démare ou encore Thomas Voeckler… Autant de coureurs français talentueux des années 90 à aujourd’hui qui ont un point commun : ils sont tous montés sur un podium de classique un jour, mais jamais sur la plus haute marche. La dernière classique remportée par un Français ? Paris-Tours, en 2006, merci à Frédéric Guesdon. Et le dernier monument – dit des 5 classiques crées avant la Première Guerre (Milan-San Remo, Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège, Tour de Lombardie) – qu’un tricolore a accroché à son palmarès ? Le même Frédéric Guesdon, en outsider à Paris-Roubaix… en 1997.

Bref, ça fait presque 10 ans qu’un Français ne s’est pas imposé sur une Classique. Pourquoi ? Ces courses d’un jour sont-elles trop dures physiquement ? Les équipes françaises ne sont-elles pas assez armées pour combattre face aux armadas Belges ou Italiennes ? Les tricolores sont-ils assez expérimentés et ont-ils le statut suffisant pour se faire respecter sur ces courses pour « grands garçons » ? Oui, car savoir « frotter » et se placer est essentiels dans ces courses d’un jour, très nerveuses.

 

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L’explication se trouve sûrement au milieu de ces questions. Et puis, durant les années Armstrong, un cyclisme à deux vitesses était en vigueur, au détriment des formations Bleu-Blanc-Rouge.

Aujourd’hui que le vélo semble reprendre des couleurs et se sortir peu à peu de ses scandales, un Français peut-il reprendre le flambeau ? Les résultats sur les grands Tours (podium de Péraud et Pinot lors du dernier Tour de France, victoires d’étapes sur le Giro pour Bouhanni…) sont plus qu’encourageants et une nouvelle génération commence à montrer le bout de son nez. Les Arnaud Démare, Nacer Bouhanni, Tony Gallopin, Warren Barguil et autres Kenny Elissonde sont dans les starting blocks pour faire parler d’eux dans les prochaines années. Et assumer un héritage pour le moins glorieux.

Parmi les grands noms du cyclisme tricolore, celui de Bernard Hinault vient en premier à l’esprit. Mais que sait-on de lui, finalement ? Qu’il est co-recordman du nombre de Tours de France gagnés (5) avec Anquetil, Merckx et Indurain (on oublie ici volontairement Lance Armstrong). Qu’il a été champion du monde, devant le public français, en 1980. Qu’il est celui qui, depuis 1987, travaille pour ASO – l’organisateur du Tour – dans les relations publiques. Et, du coup, qu’on le retrouve à chaque fin d’étape sur le podium pour « zipper » les maillots des champions.

Mais, et parmi tant d’autres courses, il est aussi celui qui a gagné 9 classiques, dont 5 monuments.

Dimanche, un nouveau monument est au programme : Paris-Roubaix. Si Alexander Kristoff fait figure de favori après son récent succès au Tour des Flandres, les prétendants sont nombreux. Parmi eux, les deux représentants d’Etixx – Quick-Step, Niki Terpstra et Zdenek Stybar.

Côté français, on relèvera les chances du jeune sprinter Arnaud Démare, champion de France en titre et tricolore le mieux placé lors du dernier « Ronde » (23e) voire même de Sylvain Chavanel, toujours placé mais jamais vainqueur. Bref, ça paraît compliqué pour qu’un Français s’impose à nouveau sur les pavés du Nord. Hinault, Guesdon et consort attendent encore leur héritier…

Écrit par Xavier Collin