Christine Lagarde risque de payer pour Tapie

Christine Lagarde, directrice du FMI, a quitté Washington pour se soumettre aux questions des juges de la Cour de Justice de la République (CJR). Elle y répondra de son rôle dans l’affaire dite de « l’arbitrage Tapie« .

Christine Lagarde doit comparaitre devant la justice et expliquer ses choix dans l’Affaire Tapie. Il lui est reproché d’avoir d’une part, donné son feu vert à l’arbitrage et d’autre part d’avoir penché en défaveur d’un recours contre la sentence, lorsqu’elle était Ministre de l’Économie sous Nicolas Sarkozy (2007-2011).

En 2007, Christine Lagarde avait opté pour le choix d’un arbitrage privé dans un conflit entre l’homme d’affaires, Bernard Tapie et l’ancienne banque publique, le Crédit Lyonnais, sur la revente en 1994 de l’équipement sportif Adidas. Cette procédure avait permis à Bernard Tapie d’empocher 404 millions d’euros d’argent public. Une somme astronomique qui pourrait bien lui coutait cher : la patronne du FMI risque jusqu’à 1 an de prison et 15 000 euros d’amendes. Mais elle est « très déterminée à se défendre », explique son avocat pénaliste sur France Info, Patrick Maisonneuve. Dans cette même interview, elle explique aux juges que ce litige « durait depuis très longtemps, générait des honoraires d’avocats très élevés et constituait un risque pour les finances publiques ».

L’ancienne ministre de l’économie a fait l’objet de nombreuses moqueries sur les réseaux sociaux. Les internautes lui reprochent son manque d’honnêteté dans cette affaire. Certains tentent même la personnification.

Comme il s’agit d’une décision politique prise dans l’exercice de ses fonctions, elle est jugée par un tribunal spécial, la Cour de justice de la République. Elle a été créée en 1993, dans le but de juger les ministres pour des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions. Elle compte actuellement 12 parlementaires élus répartis entres l’Assemblée Nationale et le Sénat. Depuis sa création, 6 ministres ont été jugés, trois ont été condamnés et trois autres ont été relaxés.

La dernière condamnation était en 2010, dans l’affaire dite de la « Fondation Hamon«  qui impliquait, Charles Pasqua, ancien Ministre de l’Intérieur. Il avait été condamné à un an de prison avec sursis pour détournements de fonds publics estimé à 7,5 millions d’euros.

 

Rachel Chiss

Écrit par iejpedago