Chauffeurs privés : des « tricheurs » selon les taxis

Les chauffeurs privés vont se rassembler à Paris pour manifester de la gare Montparnasse aux Invalides.   Le gouvernement vient de les rappeler à l’ordre. En effet, selon Le Monde, 10 à 40 % des chauffeurs de compagnies réputés travailler avec des VTC exercent comme LOTI et non comme VTC, et ne respectent pas tout à fait les conditions de la licence.

Pourquoi les taxis estiment que les VTC  « trichent » ? Les chauffeurs VTC sont accusés d’exercer leur travail qu’en possession d’une licence LOTI, et de ne pas respecter la règle qui interdit d’un transport de passager seul. Le gouvernement veut ainsi renforcer les contrôles, face à une loi Thévenoud contournée. Les LOTI craignent le plan social massif : selon une estimation parue dans Le Monde, le nombre des licences LOTI a augmenté entre 2009 et 2015, passant ainsi à 70 000 licenciés.

La licence LOTI, qu’est-ce que c’est ? 

La capacité LOTI, crée par une loi de 1982, permet le transport de groupe d’au moins deux personnes avec un véhicule inférieur à dix places. Sur plusieurs critères, elle est plus simple à obtenir que celle des VTC. Sa formation obligatoire est plus courte que celle effectuée pour obtenir la licence VTC : 140h contre 250h pour les VTC ; elle est donc moins cher. Elle permet de transporter en même temps des groupes de personnes se rendant à des destinations différentes, un concept non autorisé pour les VTC puisque la réservation « à la place » est interdite.

Les LOTI ont le droit d’embaucher des chauffeurs ne possédant pas le statut de capacité LOTI. Ils ne sont donc pas soumis aux contraintes telles que la vérification du casier judiciaire ou encore la formation. Le permis B et visite médicale suffisent. Le chauffeur LOTI peut utiliser le véhicule de son choix, alors que le licencié VTC est soumis à des caractéristiques minimales de taille et de motorisation.

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Estelle Priam 

Écrit par Estelle Priam