Ces pays où il n’est plus possible de donner la fessée

Lundi 2 mars le Conseil de l’Europe donne une fessée déculottée à la mère des droits de l’homme, la France. Sa justification pour une telle correction en public ? Le droit français ne prévoit pas « d’interdiction suffisamment claire, contraignante et précise des châtiments corporels« . Ainsi, la France violerait l’article 17 de la Charte européenne des droits sociaux dont elle est signataire, qui précise que les Etats parties doivent « protéger les enfants et les adolescents contre la négligence, la violence ou l’exploitation » . Malgré la condamnation, aucune amende n’est prévue. Il s’agit du quatrième rappel à l’ordre de l’instance européenne depuis 2003.

La France fait figure de mauvaise élève face aux 27 pays qui ont déjà adopté une législation interdisant en toutes circonstances d’infliger des châtiments corporels aux enfants. Parmi eux, la Suède, mère modèle prônant « la parentalité positive », excluant la moindre punition physique, a été le premier pays à légiférer de la sorte au niveau européen, et même mondial, dès 1979. D’autres pays nordiques lui ont emboité le pas, comme la Finlande en 1983 et la Norvège en 1987. Ils ont ensuite été imités par l’Allemagne, la Grèce ou encore la Pologne.

La secrétaire d’État à la Famille, Laurence Rossignol, a répondu que la France doit avoir «une réflexion collective» sur «l‘utilité des punitions corporelles dans l’éducation des enfants». Mais «ça ne passera pas par la loi», a-t-elle précisé, pour ne pas «couper le pays en deux camps». Le débat risque d’être houleux, avec 70% des Français opposés à l’interdiction de la fessée, selon un sondage Ifop pour Le Figaro.

Joana Atthar, IEJ 3F

Écrit par Joana Atthar