Cazeneuve face aux députés

Ce mardi 13 décembre, le Premier ministre Bernard Cazeneuve s’est exprimé devant l’Assemblée nationale pour y prononcer sa déclaration de politique générale. Très attendu sur le sujet de la sécurité, l’ancien ministre de l’intérieur a préféré éluder rapidement la question de l’état d’urgence.

« Je crois à la renaissance nationale, vigoureuse et rapide ». En débutant son discours en citant Pierre Mendès France, Bernard Cazeneuve s’est clairement positionné à gauche de l’échiquier politique. Le début de son plaidoyer était consacré à Alep en Syrie et aux atrocités commises contre les civils qu’il a qualifiées de « crime de guerre ».

Un discours lyrique

Bernard Cazeneuve a ensuite cherché à convaincre les députés avec poésie. Dans un premier temps, le successeur de Manuel Valls est revenu sur les sujets du chômage et de l’environnement. Pour le nouveau Premier ministre, il n’y a rien de plus important que « d’investir dans l’éducation, investir dans la culture, investir dans la science ». Concernant l’emploi des fonctionnaires, Cazeneuve s’est même targué de quelques tacles pour François Fillon en dénonçant sa volonté de supprimer 500.000 postes de fonctionnaires et la sécurité sociale. Le député de Paris a répondu par un sourire.
L’état d’urgence n’a pas été mentionné

Cela devait pourtant être le sujet phare du discours mais Bernard Cazeneuve n’a prononcé que quelques mots sur le terrorisme et la sécurité dans son discours de 50 minutes. En faisant le bilan des actions de François Hollande depuis les attentats, le Premier ministre a préféré insister sur la grandeur de la France : « Notre pays a su se rassembler, surmonter ses divisions. La France n’est jamais plus grande ou plus unie face à l’épreuve ».

Pas d’annonce majeure concernant la protection des Français même si il a tenu à souligner que la mise en place de l’état d’urgence avait permis à 17 projets d’attentats d’être déjoués cette année.

La prolongation de l’état d’urgence sera discuté ce mardi soir à l’Assemblée Nationale et voté la semaine prochaine.

En clôture de son discours, Bernard Cazeneuve est revenu sur la question de la laïcité en déclarant qu’il « faut la défendre et la faire vivre ». Il s’est également engagé à ce que la notion de respect soit au coeur de son action car elle « proscrit le cynisme, le mensonge et la violence ».

Ce discours, durant lequel le dernier Premier ministre du quinquennat Hollande a rappelé que « chaque jour compte », a convaincu les députés. L’assemblée a approuvé cette déclaration de politique générale à 305 votes « pour » (239 « contre »).

Ariane Cairoli

Écrit par iejpedago