Catalogne : la victoire partielle des indépendantistes

Photo : Après deux mois sous tension, le peuple élit les indépendantistes à la tête du parlement catalan. (Crédit : Commons Wikimedia) 

Les catalans votaient hier pour leur nouveau parlement. Les centristes de Ciudadanos arrivent en tête du scrutin avec 37 sièges mais les indépendantistes divisés en trois listes obtient 70 sièges et obtiennent donc la majorité absolue. 

« Nous gagnons en députés mais pas en nombre de voix. Donc chaque camp pourra se proclamer vainqueur. Cela reflète bien la réalité, qui est que la Catalogne est politiquement divisée et que la seule façon de trancher la question est de la poser clairement, dans un référendum« . La situation, résumée par Fran Robles, un médecin indépendantiste de 26 ans, à l’Agence France Presse, est complexe.

70 sièges sur 135 plus tard, voilà les indépendantistes de nouveau à la tête du parlement catalan ! S’ils s’offrent la majorité en dépassant les 68 sièges, les groupes ERC, CUP et Ensemble pour la Catalogne qui composent le clan des séparatistes n’ont pas récolté le plus grand nombre de voix. Comme pressenti depuis quelques jours, c’est le parti anti-indépendantiste Ciudadanos (CS, centre libéral) fier détenteur de 37 sièges contre 32 pour l’ERC, qui remporte le scrutin. Une formation politique dirigée par Inés Arrimadas, la cheffe de l’opposition au parlement catalan depuis 2015. Du bulletin au siège, les anti-indépendantistes gagnent mais l’autre camps par sa présence sur trois listes décroche la victoire, laissant les citoyens… troublés ! 

 

Infographie : Le paradoxe d’une majorité indépendantiste menée par le parti Ciudadanos, qui ne l’est pas

Alors qu’en octobre dernier, le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy utilisait l’article 155 pour dissoudre le parlement catalan, ils sont nombreux, ce jeudi 21 décembre, à avoir fait le déplacement dans les urnes. Le taux de participation au très attendu scrutin, avoisinant les 81, 71 % fait même office de nouveau record avec cinq points de plus qu’en 2015. Cependant, malgré la mobilisation, rien ne semble changer.

Retour à la case départ

Si les indépendantistes règnent de nouveau sur le parlement catalan, leurs espoirs d’être un jour indépendant ne sont pas consolidés. Outre le fait de s’être vu contraint d’assister aux élections depuis sa terre d’exil, Bruxelles, Carles Puigdemont, le leader des séparatistes et ex président catalan, peine a renouer des liens avec son ancien vice-président Oriol Junquejas.

Ce dernier est derrière les barreaux car inculpé pour « rébellion, sédition et malversation » mais a fait campagne depuis sa cellule avec son parti ERC qui récolte 32 sièges. Lui non plus ne pourra remettre pour l’instant les pieds au parlementent. Il est donc compliqué d’imaginer l’un de ces deux politiciens prendre les rennes d’une nouvelle révolution à distance…

Paria aux yeux de son gouvernement, Carles Puigdemont, qui ne peut revenir dans son pays sous peine de se faire arrêter, doit aussi faire face à l’Union Européenne. En prenant parti de Madrid, par peur d’assister à un nouveau Brexit, l’organisation ne fait aucun cadeau aux catalans. Lors de l’annonce des résultats, le porte-parole de la Commission européenne n’a pas hésité à dire que la décision de l’UE sur la Catalogne « ne changera pas« .

Tout cela ne semble pas inquiéter le fondateur d’Ensemble pour la Catalogne qui s’est empressé de célébrer sa victoire.

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Traduction : La République Catalane a vaincu la monarchie de 155. Maintenant, il faut rectifier, réparer et restaurer. La recette que Rajoy a vendue en Europe a échoué. Laissez-les prendre note #JuntsxCat

Mais bien loin de la déclaration d’indépendance faite le 27 octobre… on imagine difficilement assister au grand retour de la « République de Catalogne« . 

 

Texte & iconographie : Cyrine BRmdn

                                                                                                                                           Édité par : Antoine Ayral

Écrit par IEJ3B

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