CARTE. Quand Daech part à l’assaut des sites antiques

Depuis trois ans, l’Etat islamique procède à des pillages et des destructions de sites antiques en Irak et en Syrie. L’anéantissement de ces monuments, classés à l’Unesco, est un véritable cataclysme pour le patrimoine culturel mondial.

Un « génocide culturel ». Le mot utilisé par Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco, est fort mais illustre pourtant bien la pratique de l’Etat islamique (Daech) depuis plusieurs années. Menées par une unité spéciale, la Kata’ib Taswiya (qui peut se traduire par « bataillons de colonisation »), ces exactions s’inscrivent dans une idéologie refusant toute représentation et toute forme d’art.

Cette extermination culturelle a débuté en 2014 par la destruction de nombreux sanctuaires et mosquées chiites à travers l’Irak, dont la célèbre mosquée Nabi Yunus située près de Mossoul et qui abritait alors le tombeau du prophète Jonas.

Les djihadistes n’en restent pas là. Au gré de la progression de l’EIIL (Etat islamique en Irak et au Levant, plus tard devenu Daech), ils s’en prennent à la mosquée Al-Arba’in et ses tombes datant du VIIe siècle à Tikrit et au Musée de Mossoul à Hatra dans lequel ils détruisent toutes les oeuvres à l’aide de masses et de bulldozer.

Palmyre dévastée

Il y a deux ans, l’Etat islamique s’en prend à la cité antique de Palmyre en Syrie. Si de nombreuses oeuvres d’art ont pu être sauvées et évacuées vers Damas, les répliques n’ont pas survécu. Les islamistes détruisent également les bas-reliefs qui n’avaient pas pu être déplacés, mais aussi le célèbre Lion de Palmyre.

Damas, la capitale syrienne a elle aussi était en grande partie endommagée. Si les djihadistes ne sont pas à mettre hors de cause, c’est avant tout la guerre civile sévissant depuis 2011 qui est à l’origine de ces destructions. Il en va de même pour la ville d’Alep réduite en poussière après de longs mois de combats acharnés.

Cyril Camacho

Écrit par Cyril Camacho