Canal+ et BeIN Sports ont signé, hier, un projet d’accord de distribution exclusive. Si le projet devient réalité, seuls Canal+ et CanalSat pourront distribuer les chaînes BeIN Sports. Reste encore l’autorisation de l’Autorité de la concurrence…

Et si le groupe Vivendi, maison mère de Canal +, rachetait BeIN Sports ? Certes, rien est encore fait; mais avec, hier, la signature des deux partis, le projet semble être en bonne voie.

Si cela se finalise, Vivendi pourrait devenir le distributeur exclusif de BeIn Sports. C’est-à-dire qu’il faudrait alors s’abonner à Canal +, ou CanalSat, pour avoir accès aux chaînes BeIN Sports.

 

Pourquoi Canal + et BeIN Sports discutent ?

Car leur situation est préoccupante. Pour Canal +, c’est même la descente aux enfers. Cette année, après la perte des droits exclusifs sur la Premier League, la chaîne ne possède plus qu’une petite partie des droits de la Ligue 1, et de la Champions League. Le résultat est sans appel: fuite de 200 000 abonnés en 2015.

Quant à BeIN Sports, la situation n’est guère meilleure. Pourtant, la chaîne qatarie possède aujourd’hui les droits exclusifs de la Liga, la Série A, ou encore la Bundesliga. Mais aussi une grande partie des droits de la Ligue 1, et de la Champions League. Mais rien n’y fait, BeIN Sport reste largement déficitaire, avec une perte 250 millions d’euros par an.

 

Quelles conséquences pour les abonnés ?

Certes, les abonnés auront un plus large choix de matchs, mais le prix devrait suivre lui aussi. Aujourd’hui, une personne abonné à Canal + et BeIN Sports, paye 53 euros par mois. Et en cas de fusion, le prix de l’abonnement passerait à 60 euros, soit 7 euros en plus par mois.

 

Le projet va-t-il aboutir ?

Pas sûr, car d’autres alliances sont possibles. «On n’est pas seuls sur le coup» confie un représentant de Vivendi. Selon lui, BeIN Sports négocierait également avec Orange ou encore Free. La concurrence s’annonce donc rude pour Canal +.
Mais quoi qu’il en soit, il faudra au préalable l’autorisation de l’Autorité de la concurrence, devant laquelle se présentera Vincent Bolloré, le patron de Vivendi, la semaine prochaine.
Benjamin BRITAULT

Écrit par Benjamin Britault