Boites de nuits parisiennes, quelle est la tendance ?

Concurrencé par les soirées non-encadrées, le secteur de la discothèque vit un calvaire depuis des années. Il n’y a que les grandes boites de nuit parisiennes qui résistent à la baisse de fréquentation globale et une fermeture éventuelle.

Parmi les grands établissements parisiens les plus rentables, deux se détachent particulièrement. Le Queen tout d’abord, car même si son âge d’or se situe dans les années 90, cette boite de nuit anciennement gay est une des plus appréciées en France. Située dans le 8ème arrondissement de Paris, elle réalise environ 8,5 millions de chiffre d’affaires à l’année avec 1,2 million de bénéfices.

 

A un degré moindre mais tout de même rentable, le Pacha se situe dans les Yvelines et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’agit d’un joli tire-caisse. Les années se suivent et se ressemblent au niveau comptable : près de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires et pas moins de 500000 euros de bénéfices sur l’année 2016, une rentabilité très confortable.

Malgré tout, depuis 1980, le nombre de discothèques a fortement diminué passant de 4000 à 2500 sur l’ensemble du pays. Pour des contraintes juridiques – interdiction du tabac, prix de l’alcool – mais également parce que les nouvelles générations ne sont plus tellement intéressées par ces lieux, préférant les spectacles ou les soirées non-encadrées.

Le Showcase s’est imposé en quelques années comme une des grandes boites de nuit de la région avec près de 4 millions de chiffre d’affaires annuel. Ouverte avec les encouragements de la mairie de Paris, la discothèque subit les lois juridiques et le manque d’affluence depuis quelques années. 15€ en moyenne le verre, et seulement 200 000 fêtards sur l’année, l’établissement a même pensé à une éventuelle fermeture s’ils devaient quitter les locaux du pont Alexandre III.

Le Duplex et le Mix ont suivi la même trajectoire que le Showcase. Boites de nuit plutôt tout public et à bon prix, elles ont payé la crise économique, ont haussé les tarifs et ont perdu leur clientèle. Et ce n’est pas leur musique électro qui va remonter leur rentabilité et leur fréquentation annuelle qui a chuté respectivement de 15 et de 18 % en 5 ans.

 

Pour faire face à ce déclin la mairie de Paris tente de promouvoir la vie nocturne parisienne. Une politique ambitieuse mêlant plusieurs activités. Allongement des heures d’ouverture des bars, extensions des horaires pour les transports de nuit et surtout publicité de la vie nocturne parisienne sur le plan international en passant par l’office du tourisme.

 

Keawin Henry

Écrit par Keawin Henry