Björk : thérapie musicale réussie avec Vulnicura

L’album avait fuité en Janvier dernier, forçant l’artiste à le sortir à la hâte. Vulnicura est désormais dans les bacs officiellement. Un 9e album studio en forme de thérapie pour la chanteuse Islandaise.

Séparée de son compagnon l’artiste Matthew Barney, Björk à utilisé le thème de la rupture comme fil rouge de tout l’album. Un retour aux sources réussi de l’avis des fans et des critiques. L’artiste s’expose aussi, au Museum of Modern Art (MoMA) de New York. 2015 semble bien être, une fois pour toute, l’année du retour gagnant de Björk. Entre un nouvel album, une tournée et exposition événement, on vous explique pourquoi il va falloir compter avec l’artiste cette année.

Un album magistral

Björk s’est séparée de son compagnon Matthew Barney après *ans de relation. Une rupture douloureuse pour l’artiste, qui a utilisé la musique comme véritable thérapie. D’ailleurs Vulnicura vient de Vulni : La douleur, et cura le soin. Littéralement soigner la douleur, donc. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la thérapie semble réussie. Les morceaux déchirants (Black Lake) font petità petit place à un début de guérison, pour laisser entrevoir un retour de l’espoir à la toute fin de l’album.

Loin d’un opus larmoyant, Vulnicura se lit tel un journal intime où l’artiste nous comte, étape après étape, sa convalescence. Un disque émouvant qui nous prouve que Bjork n’est jamais aussi bonne que lorsqu’elle utilise ses émotions pour nous les livrer presque brutes. Elle ne nous épargne ni les scènes intimes d’avant la rupture (History of Touches, où le souvenir de leur dernière nuit), ni les abysses de douleur dans laquelle la rupture la plonge, ni l’espoir qui nait après avoir survécu à cette souffrance.

Après la froideur de son dernier album-concept Biophilia, l’artiste semble avoir enfin retrouvé quelque chose qu’elle avait perdu : des textes aux échos universels, et un peu de lumière. Pour Vulnicura, fini les expérimentations dans lesquelles la chanteuse avait pu se perdre dans son précédent opus et sa déclinaison en application. Des accords plus mélodieux, des cordes magistrales et des beats électro, voila la nouvelle formule gagnante de Björk. Parfait remède à l’escalade de concepts qui polluaient le travail de l’artiste depuis plusieurs année.

Aux manettes pour ce retour aux sources bienvenu : Arca. Le producteur s’est taillé une place de choix dans le cœur des artistes comme Kanye West ou encore la sensation anglaise FWA Twigs. Une émotion livrée à l’état brut et des arrangements qui expriment parfaitement un thème universel, Vunicura est bel et bien un chef-d’œuvre.

Une exposition évènement

Après plus de 10 ans de négociations, Klaus Biesenbach a enfin réussi à convaincre Bjork de le laisser organiser une rétrospective de son œuvre au Museum of Modern Art de New York. Après de nombreuses années d’hésitation, la chanteuse islandaise n’a donné que deux conditions à l’élaboration de ce projet selon Glenn Lowy, le conservateur du MoMa: « la seule règle à respecter était de casser les règles », car elle voulait « accrocher des chansons aux mur ». Une vision unique de l’exposition musicale à découvrir au PS1, l’antenne délocalisée du MoMA jusqu’au 7 juin prochain.

 

Célia Maillet

Écrit par Célia Maillet