Bilan RSF 2017 : décès en baisse chez les journalistes

Reporter à Kiev, en Ukraine, 2014. (Crédit photo : Mstyslav Chernov sous licence CC.)

Selon le bilan annuel de Reporters Sans Frontières publié mardi, le nombre de décès de journalistes dans le monde est en baisse. Le chiffre le plus bas depuis 14 ans mais qui reste cependant élevé : 65 reporters sont morts alors qu’ils exerçaient.  

2017 est l’année la moins meurtrière pour les journalistes depuis 14 ans. 65 reporters ont été tués, un chiffre en baisse par rapport à l’année dernière (-18%) et expliqué en partie par le retrait de nombreux médias de territoires en guerre : «Depuis 2012, la baisse est constante. Certes ces derniers fuient des pays trop dangereux, comme la Syrie, le Yémen ou la Libye» a indiqué l’organisation. Au total, ce sont 50 journalistes professionnels, 7 blogueurs et 8 collaborateurs de médias qui ont été tués, des chiffres qui restent tout de même alarmants et révélateurs des difficultés que la presse rencontre dans certaines régions du monde.

Les pays en paix aussi dangereux pour les reporters

Le Mexique, pourtant en paix, se hisse à la seconde place des pays les plus dangereux. Au cours de l’année, ce sont 11 journalistes qui ont été tués, dont Javier Valdez Cardenas, collaborateur de l’AFP. Gangrené par les cartels de la drogue et par une classe politique corrompue, le pays semble avoir de gros problèmes à assurer la sécurité des reporters.

326 journalistes sont aussi en détention à travers le monde, une très faible baisse par rapport à l’année dernière (348). Et cette fois-ci, c’est encore un pays qui n’est impliqué dans aucun conflit qui est en haut du classement : la Chine. 52 reporters y sont emprisonnés.

Chaque année depuis 1995, RSF réalise ce bilan grâce à une «minutieuse collecte d’informations permettant d’affirmer avec certitude, ou du moins une très forte présomption, que la détention, l’enlèvement, la disparition ou la mort d’un journaliste est une conséquence directe de l’exercice de sa profession». La plupart ont été tués dans leur pays d’origine. Ces risques poussent même certains reporters à quitter le métier pour se lancer dans des domaines plus tranquilles.

Léandre Mage

Hippolyte Corneille (infographie)

Écrit par IEJ3B