Besançon : coup d’envoi du procès d’Ali Kaabouche

Façade du palais de justice de Besançon  (crédit photo: Concierge.2C)

Depuis ce mardi, Ali Kaabouche comparait devant la Cour d’assises du Doubs à Besançon pour avoir battu et torturé à mort un brocanteur de 63 ans en 2013.

C’était il y a quatre ans. Au matin du 21 octobre 2013, Jean-Pierre Merlot, brocanteur de 63 ans est découvert mort, dénudé, dans la chambre de son domicile à Chalezeule, près de Besançon.

Battu et torturé, son corps présente une quinzaine de fractures ainsi que de nombreuses plaies aux bras et aux jambes causées par un objet pointu (probablement un tournevis ou une perceuse manuelle). L’autopsie révèle qu’aucun organe vital n’a été touché mais que l’homme est décédé d’une crise cardiaque due aux tortures qu’il a subies.

Alors que le verdict est attendu jeudi 21 décembre, l’enquête a révélé que trois individus avaient participé a cette assassinat, mais que seul Ali Kaabouche avait été identifié. L’homme de 31 ans est poursuivi pour «torture ou acte de barbarie en réunion» et «vol avec violence ayant entraîné la mort».

Fils d’une famille de dix enfants, placé en foyer à 16 ans pour des faits de petite délinquance, Ali Kaabouche a pourtant toujours nié devant la cour d’assises, être capable des faits qui lui sont reprochés. «Oui, je suis violent. Quand on vient me chercher, je ne me laisse pas faire et j’ai une sale manière de parler», reconnait-il lorsqu’on évoque son lourd passé judiciaire. Un casier bien rempli par plus d’une dizaine de condamnations, notamment pour des faits de trafic de stupéfiants et de violences.

Un crime motivé par l’argent ?

Le brocanteur détenait 50.000 euros en liquide à son domicile. Un butin envolé. Pour les enquêteurs, les agresseurs ont torturé cet homme pour mettre la main sur la cagnotte.

Pour appuyer cette théorie, des écoutes téléphoniques et des témoins soutiennent qu’Ali Kaabouche avait fait part de son intention de «voler un vieux». De plus, après l’assassinat du brocanteur, son niveau de vie aurait considérablement changé.

Yves Plantier, président de la cour a souligné la violence extrême des propos tenus par l’accusé dans les écoutes téléphoniques dans lesquelles il «menace de torturer avec des outils» ses interlocuteurs, tout en «imitant le bruit de la perceuse».

Son avocat, Maitre Patrick Uzan, a néanmoins choisi de plaider l’acquittement. «Il n’y a pas de preuve matérielle» à l’encontre de M. Kaabouche. Son ADN n’a pas été retrouvé sur la scène de crime mais Ali Kaabouche est passible de la réclusion à perpétuité.

Marie Bloeme

Illustré par Mané Alexanian

Lire aussi : A la découverte du « Marave Challenge », le nouveau jeu violent des Lycéens.

Écrit par IEJ3B