Bâtonnier de Melun : son diagnostic vital n’est plus engagé

Henrique Vannier, le bâtonnier blessé par l’avocat hier matin au tribunal de Melun, est hors de danger. Le procureur-adjoint de Melun, Daniel Atzenhoffer a annoncé que le pronostic vital du bâtonnier n’est plus engagé.  C’est vers 9h30 hier que Joseph Scipilliti, l’avocat de 63 ans, a ouvert le feu plusieurs fois sur le bâtonnier Henrique Vannier avant de se suicider. Grièvement blessé, ce dernier a été immédiatement amené à l’hôpital. 

Un geste prémédité 

Selon les premiers éléments de l’enquête, Joseph Scipilliti n’a pas été fouillé à son entrée au tribunal du fait de son statut « d’auxiliaire de Justice » et c’est comme cela qu’il a pu pénétré dans le bâtiment armé. Le geste de l’avocat, très apprécié dans le milieu, en a surpris plus d’un. Et pourtant, Joseph Scipilliti nourrissait une vive rancoeur envers Henrique Vannier bien, l’avocat était impliqué dans une poursuite disciplinaire en raison de « différents manquements déontologiques […] notamment des injures et des menaces verbales et écrites à l’encontre du bâtonnier Vannier », a souligné Daniel Atzenhoffer. L’avocat avait été suspendu pendant trois ans.

Le sexagénaire avait pourtant exprimé sa colère annonciatrice d’un futur drame dans un journal qu’il avait envoyé à plusieurs personnes. Dans ce » journal » l’avocat jugeait que l’État de droit en France était « une imposture » et que ce « système s’est incarné en l’occurrence par le nouveau bâtonnier H.V. (Henrique Vannier) qui, dès avant sa prise de fonction pour les années 2014-2015, avait fait connaître son intention d’en finir avec moi », écrivait-il. Il semblait même annoncer son geste : « Le suicide seul ne sert à rien. Pour susciter une prise de conscience, il faut faire un grand bruit ».

Joseph Scipilliti, criblé de dettes

Né en Italie dans une famille modeste, à 63 ans Joseph Scipilliti était très endetté. Dans un article publié dans Le Parisien, sa société venait d’être placée en liquidation judiciaire après une première faillite en 2007. L’avocat devait être expulsé de son domicile dans les jours prochains après avoir accumulé 50 000 € d’impayés de loyer. A ces problèmes s’ajoutaient de nombreux soucis de santé : dépression, insomnie et maladie de la prostate autant d’éléments qui auraient participé à la descente aux enfers de l’avocat.

 

 

Julie Noyer

Écrit par Julienoyer