Attention aux fausses photos d’Alep

Depuis le début du conflit en Syrie, de nombreuses photos circulent sur les réseaux sociaux. Alors qu’il est difficile d’en vérifier la véracité, certains médias ont tout de même réussi à trouver leur origine. Résultat : elles ne proviennent pas toutes de Syrie.

Alors qu’un grand nombre de photos d’Alep envahit les réseaux sociaux, certaines s’avèrent fausses. Comme le révèle le jeudi 15 décembre le site du journal Le Monde, une photo d’une jeune fille présentée comme marchant dans la ville d’Alep en ruines a circulé sur Twitter ces derniers jours.

Supprimée depuis, cette photo provient en fait d’un clip vidéo de la chanteuse libanaise Hiba Tawaji

 

Autre photo et pas des moindres, celle brandie par Bashar Jaafari, ambassadeur de Syrie à l’Organisation des Nations unies (ONU). C’est lors d’une réunion du conseil de l’ONU que Mr Jaafari a déclaré : « Voici ce que fait l’armée syrienne à Alep« . On y voit une femme aidée par un militaire à descendre d’un camion. L’ambassadeur poursuit en expliquant que cette femme tente de quitter Alep-Est.

Or, comme le révèle le site Buzzfeed, cette photo a été prise en Irak lors de la libération de la ville de Falloujah. Le militaire, présenté comme syrien, est en réalité irakien.

 

 

Shahid News / Via shahidnews.com

Les fausses photos qui circulent peuvent donc provenir de sources officielles et non-officielles, il faut faire attention. Voici quelques techniques de base pour vérifier l’origine des photos et informations sur le web : toujours identifier qui donne l’information. Si elle provient d’une source anonyme ou inconnue, il faut partir du principe qu’elle reste à vérifier. Sur certaines photos, vous pouvez également utiliser le clic droit et sélectionner « Rechercher une image avec Google« . Vous pourrez ainsi voir si cette photo a déjà été utilisée dans un autre contexte.

Vous pouvez aussi utiliser le site TinEye. Enfin, pour les plus courageux, il existe des outils pour trouver les données Exif contenues dans les fichiers photos. Quand un téléphone ou un appareil prend une photo, il intègre automatiquement des informations dans le fichier qu’il produit. Ainsi, la date de la prise de vue ou encore la marque de l’appareil sont enregistrées. Certains sites proposent de retrouver ces données, voire de placer sur une carte l’endroit où a été prise la photo.

Au vue de la gravité du sujet et du manque d’information sur la guerre en Syrie, la vigilance est donc de mise…

Chloé Buron

Écrit par iejpedago