Attentats du 13 novembre : les dessous de la fiche « S »

Depuis les attentats du 13 novembre dernier, la « fiche S » est souvent citée par les médias. Les auteurs de l’attaque du Bataclan en possédaient une, les frères Kouachi ainsi que leur complice Amedy Coulibaly aussi. Le fichier des fiches « S » contient une longue liste de terroristes, présumés terroristes ainsi que des dangers moindres tels que des supporters de stade ou des mineurs signalés pour fugue.

Qu’est-ce qu’une fiche « S » ?

La fiche « S » pour « atteinte à la sécurité de l’Etat », est attribuée à tous les personnes « faisant l’objet de recherches pour prévenir des menaces graves pour la sécurité publique ou la sûreté de l’Etat, dès lors que des informations ou des indices réels ont été recueillis à leur égard ». Ainsi, entre « quelques milliers » – selon Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur – et 11 500 – selon Nicolas Sarkozy – de personnes seraient fichées et recensées.

Y sont inscrites les informations civiles de la personne (nom, prénom, nationalité, date de naissance), l’alias – si l’individu en possède un – le sexe, une photographie, le signalement, les « motifs de la recherche » ainsi que « la conduite à tenir en cas de découverte ». Chaque fiche « S » est ensuite notée de « S1 » à « S16 ». Ce grade correspond à la réponse à apporter en cas de découverte de la personne fichée. Par exemple, « S14 » correspond aux djihadistes revenant d’Irak ou de Syrie. Des informations primordiales aux forces d’intervention lors d’une possible interpellation.

Les différentes fiches sont alors transmises à une base de données accessibles à 14 pays de l’espace Schengen qui peuvent, à leur guise, en ajouter de nouvelles ou supprimer celles qu’ils trouvent obsolètes. Les fiches « S » permettent donc à une grosse partie de l’Union Européenne de profiter des différentes informations que certains pays possèdent sur ces individus. Procéder à des recherches et à une possible arrestation devient donc plus aisé.

Comment se retrouve-t-on fiché ?

La plupart du temps, c’est la DGSI (la Direction Générale de la Sécurité Intérieure) qui attribue ces fiches. L’individu fiché n’a pas pour obligation de se situer sur le territoire français. Ainsi, via les informations délivrées par des pays alliés, le fichage peut se réaliser quand même. Les fiches « S » sont toutefois temporaires. Si la personne fichée ne commet aucune infraction ou aucun délit, n’a pas de comportements inquiétants ni de fréquentations douteuses, la fiche se voit enlevée au bout d’une année.

Un fichage faillible

Certains individus parviennent à passer entre les mailles du filet de la DGSI. Le nombre de fiches « S » aillant considérablement augmenté depuis quelques années, certains ex-possesseurs de fiches sont alors retrouvés quelques mois voir quelques années plus tard, auteurs d’une atrocité ou de plus petits délits. C’est le cas de Yassin Salhi, principal suspect de l’attaque en Isère qui a mené à la décapitation d’un homme, le 26 juin dernier.

 

Guillaume CHAGOT

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Écrit par guillaume chagot