Attentat au Caire : les Frères musulmans pointés du doigt

L’Egypte accuse les Frères musulmans d’avoir financé les auteurs de l’attaque sanglante contre l’église copte du Caire, qui a fait 25 victimes, dimanche 11 décembre.

La nature de l’explosif  : c’est qui a conduit le ministère de l’Intérieur égyptien à soupçonner les Frères musulmans d’avoir piloté l’attaque du 11 décembre. Ceux-ci ont nié toute implication dans cette attaque perpétrée dans l’église Saint-Pierre et Saint-Paul et qui a fait 25 morts. Cet attentat n’a toujours pas été revendiqué, il est celui qui a fait le plus grand nombre de victimes au sein de la communauté copte égyptienne.

Quatre suspects arrêtés

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a affirmé lundi 12 décembre que l’auteur des faits serait Mahmoud Chafiq Mohamed Mostafa, âgé de 22 ans, il « s’est fait exploser avec une ceinture explosive ». Le kamizaze avait été arrêté en 2014 alors qu’il assurait la sécurité des convois des Frères musulmans. Remis en liberté la même année, il était recherché dans le cadre de deux autres dossiers, en lien avec des groupes fondamentalistes musulmans, datant de 2015.

Le ministère de l’Intérieur a également donné les identités de trois autres hommes et une femme, arrêtés dans le cadre de l’enquête. Ils seront présentés à la sûreté de l’État égyptien.

Qui sont les frères musulmans ?    

L’organisation islamiste des Frères musulmans est la plus ancienne et puissante d’Egypte. Créée en 1928 par Hassan al-Banna, le grand-père de Tariq Ramadan, elle est aujourd’hui le principal mouvement d’opposition à Hosni Moubarak. Les Frères musulmans sont le mouvement islamiste le plus influent du monde arabe, celui qui a donné naissance au djihad moderne, l’associant au salafisme.

Les Frères musulmans égyptiens ne sont pas une organisation monolithique, certains membres clament leur soutien à Al-Qaida, d’autres, en plus grand nombre, affirment avoir choisi une voie pacifique pour prendre le pouvoir et établir un Etat islamique.

Les Coptes : une cible facile

Depuis que l’armée a destitué l’ancien président islamiste Mohamed Morsi, ces habitants chrétiens d’Égypte représentent une cible facile. D’après Human Rights Watch, organisation défendant les droits de l’homme dans le monde, 42 églises ont déjà été attaquées, dont 37 endommagées ou incendiées. Des dizaines d’écoles, de commerces et de maisons appartenant à des Coptes ont également été visés. L’ONG accuse les forces de l’ordre d’avoir été absentes lors de ces attaques confessionnelles. 

Audrey Scoup

Écrit par iejpedago