Athènes : La BCE met la pression

Alors que le nouveau gouvernement grec tente de se faire une place au sein de l’Europe, la Banque centrale européenne a mis le couteau sous la gorge d’Athènes hier soir. Elle a décidé de priver les banques hellènes d’un canal de financement.

C’est une épée de Damoclès au dessus de la Grèce. La BCE vient de priver hier soir, les banques grecques d’une importante source de financement, accentuant les craintes d’une asphyxie financière du pays. Une annonce qui arrive alors que le nouveau ministre grec des Finances Yanis Varoufakis rencontre aujourd’hui à Berlin son homologue allemand. A partir du 11 février, la BCE suspendra le régime de faveur qu’elle accordait jusqu’ici aux banques grecques. Ces dernières pouvant emprunter de l’argent auprès de l’institution monétaire avec des garanties inférieure à celles exigées habituellement.

Cependant, les banques grecques vont bénéficier d’un canal particulier pour pouvoir continuer à se refinancer auprès de la BCE. C’est un dispositif d’urgence, exceptionnel. Une sorte de guichet ouvert pendant 25 jours. Après ce court délai, la Grèce ne serait plus en mesure de rembourser sa dette et serait contrainte de sortir de la zone euro. Une décision qui sonne comme une sévère sanction.

Mais le but réel de la BCE est d’envoyer un double message. D’une part elle s’adresse directement à Tsipras en lui ordonnant de négocier, et vite, avec l’Eurogroupe. D’autre part, la Grèce sert « d’exemple » aux autres pays membres, il faut se mettre d’accord sur la résolution de la crise.

Marie Graftieaux

Écrit par axellemarie