Assange échappe à la justice… pour l’instant

Cinq experts internationaux affiliés à l’ONU estiment que Julian Assange a fait l’objet d’une détention arbitraire lors de son arrestation à Londres, en 2010.

Jeudi 4 février, Julian Assange avait déclaré vouloir se rendre librement aux autorités britanniques si le groupe de travail sur les détentions arbitraires (GTDA) de l’ONU ne se prononçait pas en sa faveur.

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Aujourd’hui vendredi 5 février, leur conclusion est sans équivoque: sa détention par la police londonienne à la prison de Wandsworth, où il fut placé en isolement sans raison apparente en 2010, n’était pas conforme à la loi. Qui plus est, la justice suédoise, qui a émis le mandat d’arrêt international à l’encontre de Julian Assange, a délibérément laisser traîner l’affaire pendant 10 jours.

Assigné à résidence après sa libération sous caution, Assange avait trouvé refuge à l’ambassade d’Equateur à Londres. Une ambassade « assiégée » par la police britannique depuis 6 ans.

 

 

Assange, simple témoin sous mandat d’arrêt

Le mandat d’arrêt international qui plane sur le lanceur d’alerte a pour objet une affaire de viol et d’agression sexuelle sur deux jeunes femmes, affaire dans laquelle Assange est cité comme témoin.

Un dossier que le principal concerné juge « monté de toute pièce », soupçonnant la Suède d’agir pour le compte des Etats-Unis, principales sujet des révélations de Wikileaks sur la guerre en Afghanistan (entre autre). Révélations suivies, quelques temps plus tard, de la publication de télégrammes de la diplomatie américaine.

Le fait est que cette conclusion de la GTDA reste un faible réconfort pour Julian Assange. Si le groupe de travail peut « demander » à la justice britannique d’abandonner les poursuites à l’encontre de la victime, elle n’a pas vraiment de pouvoir contraignant. Le véritable effet de cette conclusion est de discréditer non seulement l’extradition britannique, mais aussi la justice suédoise. Cette dernière a cependant fait savoir que la décision du GTDA ne changerait rien au mandat d’arrêt qu’elle a émis il y a maintenant 6ans.

Reste qu’Assange a trouvé un nouvel allié au sein de l’ONU, protection supplémentaire pour celui que les Etats-Unis considèrent comme un « espion ».

 Julien Harel

Écrit par Julien Harel