Areva, les raisons d’un échec

Retards, lacunes et dépassements de budget ont failli couler Areva. C’est seulement grâce à l’apport de dernière minute de cinq milliards d’euros de capital que le groupe va pouvoir se relever. Pourquoi une telle déconvenue pour une groupe apparu à sa naissance comme le fleuron de l’entreprise française? 

Siège Areva Google Images

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Le groupe Areva, leader du nucléaire français, peut souffler après l’annonce ce mercredi d’une augmentation de 5 milliards d’euro de capital, en grande partie assurée par l’Etat.

Le groupe précise que « L’Etat y participera en tant qu’actionnaire de référence et en assurera le plein succès, dans le respect de la réglementation européenne ».


Les 8 milliards d’accumulation de pertes sur les cinq dernières années montrent l’ascension fulgurante puis la descente tout aussi rapide d’une société longtemps numéro 1.

Quelles raisons pour ce sauvetage de dernière minute ? 

L’échec de l’implantation aux Emirats Arabes Unis, tout d’abord, face à des Sud-Coréens plus compétitifs. Ensuite, l’état du nucléaire post-Fukushima : le Japon représentait avant la catastrophe 8% de l’activité du groupe français. Après l’accident, le chiffre est passé à 5%, avant de tomber à 3%.
Philippe Varin, président du conseil d’administration du groupe depuis janvier 2015, parlait en mai dernier de « choix stratégiques malencontreux et d’une organisation inadaptée au monde post-Fukushima« .

Réacteurs EPR : le fiasco

Ils devaient être la fine fleur du nucléaire français, ils en auront été une des raisons de l’échec. Les Réacteurs Pressurisés Européens (EPR) sont devenus une catastrophe industrielle qu’Areva peine encore à arranger. Un des réacteurs devait être construit en Finlande et accuse 9 ans de retard, un budget passé de 3 à 8 milliards d’euros, et aurait causé 720 millions d’euros de perte à la société en 2014.

Le naufrage est donc évité de peu. Grâce à ces 5 milliards de capital, Areva pourra assumer le remboursement de ses dettes.

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Rafaëlle Dorangeon

Écrit par Rafaelle Dorangeon