iTélé : après 3 semaines de grève, le CSA s’en mêle

Après 19 jours de grève, les salariés d’iTélé réclament encore et toujours des concessions de la part de Vincent Bolloré. La persistance du conflit a fini par provoquer l’intervention du CSA.

"Je soutiens Itélé" Source : Twitter

C’est le plus haut niveau possible dans la gradation de ses interventions. Les mises en demeure du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) sans aucun avertissement constituent les prémices à des sanctions si la chaîne d’information ne répond pas à ses demandes.

La première porte sur des « manquements aux exigences d’honnêteté et de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information dans l’émission Morandini Live », animée par le critiqué Jean-Marc Morandini. La seconde sur « l’absence de fonctionnement effectif depuis septembre 2015 du comité d’éthique prévu dans la convention de la chaîne ».

Face à l’alarme tirée par le Conseil, la direction d’iTélé a réagi en promettant que « lorsque l’émission Morandini Live reprendra, elle sera bien sûr soumise aux mêmes exigences de qualité et de rigueur que l’ensemble des programmes de le chaîne ». 

Bien que jugée brutale, l’intervention du CSA possède néanmoins certaines limites juridiques et ne peut que régler partiellement dans le conflit. Les salariés en grève exigent toujours une charte éthique, un projet éditorial précis et d’avantage de moyens.

Ils veulent aussi que Michel Nedjar, proche de Vincent Bolloré, arrête de cumuler les postes de directeur de la chaîne et de directeur de la rédaction. Mais la convention d’iTélé, dont le CSA est cosignataire, ne se penche pas sur ce point précis. La marge de manœuvre du CSA demeure donc limitée.

Leo Arthuys

Écrit par Leo Arthuys