Apiculteur urbain, une vocation

Stéphanie Manderfeld est membre de la Société Centrale d’Apiculture depuis près de 10 ans. Une association qui permet chaque année à plus de 4 000 élèves parisiens de découvrir le quotidien des apiculteurs mais aussi celui des abeilles ! Bénévole et passionnée, Stéphanie participe à toutes les activités du rucher pédagogique du parc Geoges Brassens, situé dans le 15ème arrondissement de Paris. Portrait.

 

Les ruches colorées du parc Georges Brassens dans le 15ème arrondissement.

Les ruches colorées du parc Georges Brassens dans le 15ème arrondissement. @SC

En plein cœur de ce jardin parisien, des colonnies d’abeilles ont élu domicile. Plusieurs petites ruches colorées sont à l’abri des cerisiers et des accacias. Dans la maisonnette qui accueille génèralement les élèves, Stéphanie, 64 ans, se balade entre des affiches de l’anatomie des apidés et quelques pots de miel. Ex-guide touristique, elle s’est reconvertie dans l’apiculture après avoir suivi la formation proposée par le Jardin du Luxembourg (dans le 6ème arrondissement de Paris).

« Ca fait longtemps que j’ai arrêté d’être guide, l’apiculture a ensuite été mon occupation et ça a fini par prendre de la place ! ». Et le fait que son activité se déroule en milieu urbain la passionne, « j’ai l’impression, comme on dit, que les abeilles se portent très bien en ville, dans un jardin, un espace où il y a une grande variété de fleurs, qui plus est, dont les jardiniers s’occupent très bien. » explique-t-elle.

Souvenir d’enfance

Dans le jardin du 15ème arrondissement, dès que les beaux jours reviennent, Stéphanie prend en charge une fois par semaine des classes de primaire.

Stéphanie, apicultrice bénévole au parc Georges Brassens.

Stéphanie, apicultrice bénévole au parc Georges Brassens.@SC

« On fait les cours le matin et l’après-midi. Après le cours où nous leur expliquons, ma collègue et moi, ce qu’est la reine, l’ouvrière, etc, ils enfilent les tenues et découvrent l’intérieur des ruches et tout ce qui s’en suit. ». Et c’est d’ailleurs ainsi que Stéphanie a eu sa première expérience avec les  insectes hyménoptères.

« J’avais déjà vu ce phénomène étant petite car je viens de Haute Provence et c’est vraiment la région idéale pour les observer. J’avais vu la récolte, j’avais goûté le miel, et ça m’a rappelé un souvenir d’enfance, c’est remonté comme ça, comme des petites madeleines et hop, je me suis passionnée pour ça. » s’exclame-t-elle.

Après ce souvenir retrouvé et son job de guide touristique mis de côté, Stéphanie a eu envie d’avoir des ruches. Habitant à proximité du parc Georges Brassens qui en dispose depuis longtemps et son diplôme d’apicultrice en poche, elle a intégré l’équipe du rucher pédagogique et ne l’a plus quitté depuis.

Au fil des saisons

Depuis, l’apicultrice vie au rythme des petits insectes dorés. L’hiver, lorsque ces derniers ne sortent que rarement, le travail ne manque pas. Elle nettoie les ruches, les vide, prépare la saison suivante,

Des abeilles butineuses et courageuses, bravant le vent et la pluie.

Des abeilles butineuses et courageuses, bravant le vent et la pluie. @SC

« certes, on n’a pas de travail tous les jours, mais c’est bien ! On fait autre chose comme ça, l’hiver. » dit-elle, amusée.

Et en ce qui concerne l’avenir, l’apicultrice souhaite pousser son autre projet du parc de Saint Cloud plus loin. Elle souhaiterait se recentrer sur la recherche, mais aussi « faire de nouvelles reines, augmenter le nombre de ruches, créer de nouvelles colonies d’abeilles. A partir d’une ruche en faire deux et ainsi de suite. On va faire ça oui !, » confit-elle, un sourire en coin.

 

Samantha Corti

 

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Écrit par sac