Addict aux clics

Près de 26 millions de Français utilisent de façon active et régulière le réseau social Facebook. Pas d’amalgame. Être un utilisateur ne signifie pas pour autant être un accro. Pour la majorité, c’est un passe temps, une vitrine virtuelle ou encore un outil promotionnel. Pour d’autres, c’est bien plus que ça.

«L’amour est comme l’oiseau de Twitter, on est bleu de lui seulement pour 48h. D’abord, on s’affilie, ensuite on se follow, on en devient fêlé et on finit solo». Et si le chanteur Stromae avait raison, dans son dernier clip de sa chanson Carmen. Il dénonce l’addiction aux réseaux sociaux. Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat, Linkedin ou encore Tinder, pour des millions de Français quitter cette e-réalité semble impossible. Et pour une minorité ça l’est déjà.

 

 

 

Clément, 26 ans, sort de plusieurs années d’égarement. Utilisateur compulsif, il se définit comme un véritable addict.

«Je pouvais passer des heures entières à observer la vie de mes amis sur la toile, je repoussais les heures des repas, de la douche, ou de tout ce que je devais faire, même dormir. C’est comme une bulle en fait, où tout est à notre disposition, je ressentais plus le besoin de sortir voir mes amis puisque je savais en temps réel où ils étaient, ce qu’ils faisaient.» Et c’est le piège.

 

Janine Vergé, psychologue clinicienne dénonce les dérives des réseaux sociaux :

 

Pour Janine Vergé psychologue clinicienne, c’est «en soignant les causes de la pathologie cachée, qu’on peut soigner ses conséquences». L’addiction aux réseaux sociaux n’est souvent que le résultat de problèmes psychologiques associés. Difficulté à créer du lien, anxiété, impulsivité, alexithymie ou encore une immaturité psycho-affective, ils passent par une virtualisation pour exprimer des sentiments, des émotions souvent trop difficiles à traduire devant les autres.

 

Cette pratique excessive des réseaux se traduit souvent par un comportement quasi autistique. Il devient très difficile de décrocher les yeux de son écran, ou d’instaurer un lien avec autrui.

« En mobilisant la voix, les yeux, l’esprit, le corps de l’utilisateur est comme pris en otage, il met un temps fou à décrocher, à sortir de son monde virtuel. C’est une manière de s’inventer un nouvel idéal. En clair, devenir ce qu’il ne sera jamais dans la vie réelle.»

 

Aujourd’hui, aucun symptôme ne peut être isolé pour déceler une éventuelle addiction. Pourtant des consultations spécialisées existent pour soigner ces conduites de dépendance. Les addictions s’associent souvent à de l’anxiété, du mal-être, des difficultés à trouver son identité, et parfois de la dépression. Des propositions de traitement par des thérapies cognitives comportementales et, plus rarement, par des médicaments antidépresseurs ou stabilisants de l’humeur sont envisagés. À quand les patch anti-Facebook ou Twitter?

Lyane Silvestre

 

 

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Écrit par loly