Accord transpacifique : le cheval de Troie américain

Le partenariat transpacifique a officiellement été signé ce jeudi 4  février en Nouvelle Zélande. Après cinq années de négociations laborieuses, douze pays de la zone pacifique sont parvenus à un accord, créant ainsi la plus grande zone de libre échange au monde. Un accord aux allures de cheval de Troie pour les États-Unis. 

 

À travers cet accord historique, les Etats-Unis sont devenus un influenceur de taille dans la région pacifique. Une signature saluée par le representant des États-Unis en Nouvelle-Zélande.

 

Dans la liste des signataires, un absent : la Chine. Évincé des négociations, le pays risquait d’être un contre-poids pour la puissance étatsunienne. Dès lors, les États-unis se donnent les moyens d’écrire les règles du jeu du commerce international et d’ainsi faire concurrence à Pékin.

Quelles sont les principales mesures de cet accord ? 

Présenté comme un moyen de doper la croissance économique dans le Pacifique, cet accord vise, entre autres, à éliminer les droits de douanes et autres barrières tarifaires. Produits agricoles, machines industrielles, équipement de constructions, produits pharmaceutiques, technologies de l’information : ce sont tous les domaines, qui sont touchés. De plus, dans le secteur automobile, l’accord vise à baisser les exigences en terme de contenu provenant de pays ayant signé l’accord transpacifique. Ainsi, seul 45% de la valeur d’un véhicule et de ses pièces devra parvenir de la zone, contre les 62,5% autrefois nécessaires en vertu d l’accord de libre échange entre le Mexique, les États-Unis et le Canada.

Pourquoi est-il controversé ? 

Australie, Brunei, Canada, Chili, Etats-Unis, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour, Vietnam : si ces pays marquent une nouvelle page de l’histoire du commerce international, cet accord n’est pas du goût de tout le monde. Dès le début des négociations, l’ONG Amnesty International a mis en garde les pays signataires de l’importance du respect des droits de l’homme.  La crainte d’un dérèglement généralisé au profit des multinationales joue également en la défaveur du projet.

Aux Etats-Unis, les démocrates craignent une destruction d’emploi. Le démocrate Bernie Sanders, candidat pour la Maison Blanche, dénonce au travers d’un tweet le manque d’équité dans cet accord.

Signé aujourd’hui, l’accord attend maintenant d’être ratifié.

Marie Broyer 

Écrit par Marie Broyer