À quoi va servir Galileo, le nouveau GPS européen ?

Lancé en 1999, le système de navigation européen Galileo entre en fonction ce jeudi 15 décembre. Avec ce service, l’Europe compte bien rattraper son retard sur ses concurrents américains, russes et chinois.

Jusqu’à présent, l’Europe était totalement dépendante du système de Global Positioning System (GPS) américain. Mais ça c’était avant. Désormais, le système européen Galileo est couplé avec l’américain. Ce qui veut dire que la géolocalisation se fera via deux satellites. Le tout pour gagner en précision.

Fort d’un positionnement au mètre près et d’une datation de quelques milliardièmes de secondes, les ingénieurs du Centre national de recherche spatial (CNES) peuvent se vanter d’avoir créer le GPS le plus précis au monde. « Avec le GPS, on sait où un train se trouve, avec Galileo on sait sur quelle voie il roule« , explique Jean-Yves Le Gall, président du CNES.

 

Ce que ça va changer

Au delà d’une prouesse technologique, Galileo aura des applications concrètes. Un appel de détresse pourra ainsi être visible depuis n’importe quel endroit du globe, ce qui devrait faciliter la tâche des secouristes dans leurs missions de sauvetage, notamment en montagne. « Aujourd’hui, il faut au moins trois heures pour qu’une personne perdue en mer ou en montagne soit détectée, explique Lucia Caudet, porte-parole de la commission européenne. Avec Galileo, cela ne prendra que 10 minutes. » Galileo dispose également d’un signal permettant d’être authentifié à 90% par tous les systèmes informatiques. Une aubaine pour les agences gouvernementales de sécurité qui vont pouvoir sécuriser leurs données.

Gage de sécurité contre le piratage à distance, la sécurisation du signal satellite devrait encourager la production de voitures autonomes sur lesquelles misent les constructeurs automobiles à l’avenir.

Ce nouveau GPS aura aussi des applications dans la vie de tous les jours. Dans le secteur bancaire, de l’assurance et des services, les débouchés commerciaux sont nombreux. En Europe, les services liés au positionnement par satellite représentent aujourd’hui 10% du PIB européen. Avec Galileo, la Commission européenne table sur 30% d’ici 2030.

Pleinement opérationnel en 2020 seulement

Pour le moment, Galileo ne profite qu’à une poignée de privilégiés. Ceux qui possèdent l’Aquaris X5 Plus du constructeur espagnol BQ, seul smartphone équipé d’une puce électronique compatible avec le GPS européen. Les possesseurs de ce téléphone, d’une valeur de 250 euros, peuvent dès à présent utiliser le service.

Les autres devront patienter. Aucune date exacte de généralisation n’a été avancée par le CNES mais l’agence spatiale européenne promet que tous les possesseurs de smartphone pourront en profiter d’ici 2020. Ce délai est dû à la complexité de la mise en place du service. Son optimisation nécessite en effet la mise en orbite de 30 satellites et l’agence spatiale n’en a pour l’instant envoyé que la moitié.

Kevin Savornin

 

Écrit par iejpedago