A Angers, le bizutage fait encore des victimes.

Les étudiants de l’école nationale supérieure d’arts et métiers (ENSAM) se souviendront de leur rituel d’intégration… 

 

 

 

L’école d’art, déjà tristement réputée pour ses bizutages particulièrement dangereux, fait de nouveau la une des journaux après que seize étudiants se soient blessés lors de la soirée d’intégration le 11 octobre dernier. Le directeur général de l’école, Laurent Champaney parle de pratiques qui « ont été mal maîtrisées » par les nouvelles recrues sorties de cette épreuve, brûlées aux bras et tatoués. Pourtant, la « période de transmission des valeurs », aussi nommée « usinage »  obligatoire est censée être minutieusement pensée par les universitaires, qui profitent de cet événement pour souder les liens avec les nouveaux arrivants et futur « gadz’art » (surnom attribué aux étudiants de l’Ensam) : « Il y a un mythe qui veut que chaque gadz’art ait le numéro de sa famille tatoué sur la fesse. Normalement, c’est une espèce de mise en scène où l’on fait croire aux premières années qu’on va les tatouer. On passe un glaçon (pour simuler la brûlure) et après tout le monde rigole », explique le directeur.

Visiblement cette fois-ci, le rituel n’a pas été exécuté selon les règles prédéfinies, puisque seize des « recrues » se sont retrouvées avec des numéros tatoués à vif sur le bras. « Ce soir-là, ils n’avaient pas de glaçons pour simuler la brûlure, alors ils ont fait chauffer des manches de cuiller. Ils ont testé sur eux et ont dit que cela donnait une sensation de chaud. Mais il semble que l’opération ait été de moins en moins maîtrisée au fil de la nuit », continue M. Champaney.

 

 

Le bizutage, interdit en 1998, est aujourd’hui passible de six mois de prison et 7 500 euros d’amende. Suite à cette affaire, une enquête a été ouverte par l’inspection générale de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche (IGAENR). La commission disciplinaire est convoquée pour le 10 Janvier.

 

Linda Khirat

Écrit par IEJ3DWEB