Rohani en France : un rendez-vous polémique

En voyage en Europe depuis lundi, le président iranien assistera aujourd’hui à une cérémonie d’honneur aux Invalides. Il s’entretiendra ensuite avec les chefs d’entreprises français.  Objectif : renforcer les partenariats commerciaux et en créer de nouveaux pendant la levée des sanctions internationales temporaires contre l’Iran.

Cependant, la visite du président d’un des pays les plus arriérés au niveau des droits de l’homme fait jazzer. De nombreuses personnalités politiques et associations tirent la sonnette d’alarme, notamment puisque l’Iran est le pays qui a exécuté le plus de mineurs depuis 2005. Amnesty International souhaite que François Hollande profite de son entrevue avec son homologue iranien pour évoquer le problème des droits de l’homme dans son pays.

L’économie iranienne : l’arbre qui cache la forêt

L’Iran s’apprête à signer des contrats importants avec la société aéronautique Airbus, avec l’état français pour un accord sur le nucléaire mais aussi un accord entre PSA Peugeot-Citroën et la société iranienne d’automobile Iran Khodro pour fonder une entreprise qui produira plus de 200.000 véhicules chaque année.

Mais ces engagements commerciaux permettent à la délégation iranienne de ne pas évoquer la situation de la peine de mort dans son pays. Selon le rapport annuel d’Amnesty International, en Perse, 753 personnes ont été tué par le gouvernement iranien en 2014. Ce nombre s’est aggravé en 2015 puisque la moyenne est passée à trois exécutions par jour. Parmi eux se trouvent surtout des représentants de minorités ethniques présentes en Iran ; comme des Kurdes, des Afghans ou encore des Azéris. Le fait que plus de 80 mineurs se trouvent parmi les personnes exécutées indigne encore plus l’ONU.

François Hollande devrait demander aujourd’hui à Hassan Rohani d’apaiser les tensions avec l’Arabie Saoudite en vue de conserver de bonnes liaisons avec les deux pays.

Alexandre Domingues

Écrit par Alexandre Domingues