5 choses qui ont tuées les soldes

Les soldes n’ont plus la cote. Le développement du e-commerce a eu raison des petits magasins indépendants qui peinent à garder leur place. Mais il n’est pas le seul responsable. Explications.

1. La grande distribution en haut de la chaîne alimentaire

Elles sont la cause principale de la baisse du succès des soldes saisonnières. «Ventes privées, près-soldes, soldes, ventes flash, les grandes chaînes de l’industrie vestimentaire détiennent l’ascendant sur les magasins indépendants» explique l’économiste Christophe Benavent.

Les grands groupes tels que Inditex, géant mondial détenant la marque Zara, ou Hennes et Mauritz plus connu sous le nom d’H&M, disposent de gigantesques moyens pour mettre en valeur leurs promotions. En tout cas bien plus que les magasins traditionnels.

Constat amer pour un petit commerçant situé dans la rue Passy, dans le XVI e arrondissement de Paris : « Je suis perdu dans un amas d’enseignes globalisées. »

2. Le e-commerce, un marché fleurissant

« Le géant Amazon connaît un succès stupéfiant grâce au commerce électronique. Ce genre de groupe propose des produits à bas prix durant toute l’année» résume Christophe Benavent.

Pour Nathalie Laîné, responsable de communication de la fédération du e-commerce, cet attrait vient essentiellement du prix des produits mais aussi du confort que ressentent les clients à commander en un clic : « Cela vaut pour 58% des acheteurs en ligne, plus particulièrement pour les 18-24 ans. »

Ces internautes prévoit un budget de 184 euros pour les dépenses sur internet pendant les soldes, soit presque deux tiers du budget prévu à l’année pour toutes soldes confondues.

3. Un budget géré différemment

« Dans l’imaginaire commun, les soldes saisonnières sont en voie d’extinction à cause de la ‘crise’, ce qui n’est plus une réalité aujourd’hui » estime toutefois l’économiste. En effet, les soldes restent intéressantes pour les Français, en dépit d’un pouvoir d’achat en baisse.

Selon une étude réalisée par le site Ma-Reduc.com, la situation économique s’est dégradée en 2016 pour près d’un Français sur deux. Du coup, la population achète selon son pouvoir d’achat, en se tournant de plus en plus vers les petits prix du net. Une situation qui affecte nécessaire le chiffre d’affaires des petits commerçants de quartier.

4. Des clients fidélisés par les grandes chaînes

Face aux grandes chaînes qui disposent de moyens de communication performants, il est difficile de s’imposer pour les petits commerçants indépendants, malgré des tentatives parfois originales.

« J’ai tenté de coller des affichettes sur la vitrine pour avertir ma clientèle« , raconte un vendeur du XVIème arrondissement de Paris. « Les magasins autour de moi ont des fichiers clients composés d’adresses e-mails et de numéros. Nous tous avons reçu des messages afin d’être prévenu des promotions à venir… Je ne peux pas rivaliser. »

5. Une politique des soldes encore à améliorer

« Le mécanisme promotionnel n’a jamais été aussi fort » selon Christophe Benavent. En effet, l’e-commerce propose des promotions de façon permanente.

« Les clients ont le choix à l’année de pouvoir acheter à des prix bas selon leur désir ce qui fait le chiffre d’affaires de groupes tels que Zalandoo ou encore Amazon », poursuit l’économiste.

Cependant, en dépit des arrangements dans la réglementation des soldes afin d’éviter des asymétries entre les magasins traditionnels et les grandes chaînes, des commerçants tel que celui du XVIème arrondissement souffrent de cette compétitivité : « Le seul moyen de me démarquer est de démarquer mes articles à -50%, alors qu’autour de moi commencent les ventes privées pour les grandes chaînes. Cela s’appelle du déstockage. »

Mélissa Ruart

Écrit par Melissa Ruart