5 choses à savoir sur les « suspendus », nouveau geste solidaire

Éric Legros et ses fromages solidaires chez « Place au Fromage » / Baguette suspendue à « La conquête du pain » (© Hilal El Aflahi pour IEJ News)

Tout droit venu de Naples avec ses cafés suspendus, les denrées dites « suspendues » sont en train de gagner du territoire en France.

Et si 2017 était l’année de la solidarité ? Beaucoup l’ignorent mais chez certains commerçants, un geste de solidarité très simple peut être effectué. En France, un mouvement est en train de croître, celui des « denrées suspendues ». Explications.

En quoi ça consiste ?

Le principe est assez simple : il s’agit de payer un supplément lors de son passage en caisse, prix d’un produit spécifique que le commerçant remettra gratuitement aux personnes nécessiteuses se présentant. Par exemple, une personne commande un café mais, au moment de régler la note, paye pour un second non consommé. L’établissement met alors de côté un café qui sera donné à une personne démunie en faisant la demande. Elle pourra alors boire tranquillement son « café suspendu ».

Une initiative made in france ?

L’origine de ce commerce solidaire se trouve en Italie, dans la ville de Naples. Depuis la Seconde Guerre Mondiale, les Napolitains ont la tradition du « Caffè sospeso » (littéralement « café suspendu »). Tombée dans l’oubli, cette tradition est revenue au goût du jour avec la crise. Mieux, elle est célébrée ! Il y a 5 ans, le maire de Naples a décidé d’instaurer la journée du café suspendu, fêtée tous les 10 décembre.

Et chez nous, ça donne quoi ?

En France, les cafés suspendus ont traversé les Alpes en 2014. Un label « café suspendu » a alors été créé. Depuis 27 cafés, bistrots ou bars ont reçu le label à travers le pays.

Mais la ville des Lilas en Seine-Saint-Denis n’a pas attendu la création d’un label « suspendu » pour lancer fin 2013, l’opération « Les Lilas, ville suspendue » en collaboration avec l’association Eveil. Plusieurs commerçants de la ville des Lilas ont décidé d’étendre le concept à d’autres produits comme les livres, les fruits et légumes et de créer ainsi la première « ville suspendue ».

Cheese-truck solidaire « Place au fromage » d’Éric Legros © Hilal El Aflahi

Il y a donc d’autres denrées suspendues ?

En 2014, Jean-Manuel Prime a l’idée d’étendre le principe à un met particulièrement français et inimitable : la baguette. Le principe reste le même que pour le café. Plusieurs boulangeries à travers la France participent au mouvement des « baguettes suspendues ».

Mais cela ne s’arrête pas aux baguettes.  « J’ai découvert le principe en Italie où j’ai vécu » déclare Éric Legros qui a créé un cheese-truck solidaire « Place au fromage » à Montreuil, « ça ne concerne pas que le camembert, tous mes produits peuvent être suspendus, du café au maroilles ».

Le succès est-il au rendez-vous ?

Jean-Manuel Prime parlait de 90 boulangeries dans 55 villes en 2014, ce n’est pas énorme mais c’est déjà louable. « On met chaque jour entre 4 et 10 baguettes de cotées » précise Gwen, boulangère à « La conquête du pain » à Montreuil, place de la Fraternité.

Après tout, peu importe que tous les commerçants n’adhèrent pas au mouvement « suspendu », l’important est qu’il en existe déjà et qu’il aide dans la plus grande discrétion un nombre important de personnes qui n’ont plus besoin de mendier.

Boulangerie « La conquête du pain » © Hilal El Aflahi

Hilal El Aflahi

Écrit par Hilal El Aflahi