5 choses à savoir sur la protection du patrimoine mondial

Tandis que les djihadistes de Daech poursuivent leurs destructions volontaires des patrimoines protégés, l’Unesco poursuit sa tentative de sauvegarde de sites archéologiques. Le point sur ses mesures.

# Conférence internationale

Première priorité : le rassemblement des Etats pour la protection des lieux. C’est ce qui a été fait dernièrement lors d’une conférence internationale réunissant des représentants d’une quarantaine d’Etats et d’institutions privées.

La présence des chefs d’Etats de grandes puissances comme celle de François Hollande permet de faire un point sur plusieurs séries de destructions commises ces dernières années et derniers mois par des djihadistes en Irak, en Syrie, au Mali ou encore en Afghanistan. La dernière conférence qui a eu lieu s’est déroulée à Abou Dhabi.

# 100 millions de dollars à disposition

La protection et la conservation des sites du patrimoine mondial requièrent des ressources financières importantes. Après s’être réuni à Abou Dhabi, les pays présents ont décidé de mettre la main à la poche pour préserver les lieux en danger.

Sous l’élan de la France et de Jack Lang, un fond international pour la protection du patrimoine culturel en péril en période de conflit armé a vu le jour. Cela permet de financer des actions préventives ou d’urgence, de lutter contre le trafic illicite de biens culturels, ainsi que de participer à la restauration de biens culturels endommagés.

Au final, ce sont près de 100 millions de dollars dont 30 versés par la France. D’autres États, dont des monarchies du Golfe et la Chine, ont signalé leur disposition à faire un effort financier, sans cependant préciser de montants.

Pas d’impunité

Pour ne pas laisser ces destructions de sites protégés impunis, les instances internationales ne rigolent pas avec la gravité des faits. Le djihadiste malien Ahmad Al Faqi Al Mahdi a été condamné à neuf ans de rétention par la Cour pénale internationale à La Haye. Il a été reconnu coupable de crime de guerre pour des destructions de mausolées classés au Patrimoine mondial de l’humanité, à Tombouctou au Mali.

# Des drones survolent les zones

Pour la préservation et soutenir les archéologues sur place, la société Iconem a décidé d’agir. En partenariat avec la Direction générale des antiquités et des musées syriens, la start-up française vient de créer « Syrian Heritage », la plus grande base de données archéologiques 3D consacrée à la sauvegarde du patrimoine syrien menacé par la guerre. De l’Afghanistan au Pakistan en passant par Haïti, l’Egypte, Oman, Pompéi ou  l’Irak.

Leur objectif en se rendant à Damas en décembre 2015 était d’apporter leur soutien aux archéologues et conservateurs syriens, et d’agir concrètement face aux destructions perpétrées par Daech, mais aussi les nombreux dommages liés au conflit qui déchire le pays depuis 2011.

Crédit photo: Iconem. Relevé 3D de la mosquée des Omeyyades (8e siècle), à Damas, en Syrie, effectué par Iconem.

# Populations locales formées 

L’envoi de spécialistes étrangers revient souvent cher. C’est pour cela que depuis quelques mois, l’Unesco a décidé de former les populations locales à protéger et conserver les lieux qui subissent ou qui ont subi des attaques.

Par exemple, une cinquantaine de chercheurs locaux ont été formé à la reconstitution des pièces archéologiques en partie détruites. Ou encore par le transfert de technologie avec une formation à la numérisation 3D.

Pour Tombouctou par exemple, les anciens maçons ont formé des jeunes pour reproduire les mausolées détruits.

Benamar Chachoua

Écrit par Benamar Chachoua