Revivez les premiers pas de Russia Today à la télévision française

Russia Today a fait ses premiers pas sur la télévision française hier soir. Une arrivée qui intrigue autant qu’elle inquiète. 

« Au nom de toute la rédaction je suis très fière et très heureuse de vous accueillir pour ce tout premier journal de RT France. » C’est avec ces quelques mots que Stéphanie de Muru, ancienne journaliste historique de BFMTV a pris l’antenne ce lundi à 19h00.

Après l’arabe, l’espagnol et l’anglais, la chaîne Russia Today se lance en français. Veto américain à la résolution de l’ONU, reproche du président Assad à la France, manifestation en Autriche et retour sur les délogés du Raid de Saint Denis… Le journal se veut exhaustif et assez semblables à ceux des chaines classiques d’information en continu.

Depuis hier, la chaîne est visible sur le canal 359 de la Freebox, la seule ayant accepté de la diffuser. « Nous sommes aussi en négociation avec les trois autres opérateurs principaux pour pouvoir dès janvier, si possible, être diffusé également par eux », a voulu rassurer la présidente de la chaîne russe en France, Xenia Fedorova, à RTL.

« Donner la vision de la Russie »

Émise en continu, avec 12 heures de direct par jour, Russia Today propose un journal toutes les heures, des documentaires et talk-show. Si toute l’actualité, nationale comme internationale, doit être couverte par la chaîne c’est sous un certain prisme. En effet, lors de l’annonce en 2015 de l’apparition de la chaîne dans le paysage télévisuel français, son président de l’époque avait affirmé à l’AFP que sur les questions internationales il entendait « donner la vision de la Russie. » Au delà de cela, la chaîne revendique une volonté de poser les questions que personne n’ose poser.

Connue en France pour son site d’information lancé en 2015, elle a la réputation d’être un outil de propagande et de servir les intérêts de la Russie. Russia Today a même été financée par le Kremlin. Si bien qu’Alexeï Tarkhanov le correspondant à Paris du quotidien Russe Kommersant, avouait à Courrier International  que RT « n’avait rien à voir avec un média traditionnel (…) C’est un véritable canal diplomatique » Une accusation réfutée par l’actuelle présidente de la chaine : « Que la chaîne ait été financée par l’État ne veut pas dire qu’elle est une chaîne de propagande (…) Les décisions éditoriales sont prises par les journalistes en interne, en fonction du planning et de l’actualité. »

Le CSA c’est voulu rassurant, il affirmant qu’il observera « constamment » les informations diffusées par la chaîne pour agir rapidement en cas d’« anomalies ».

Camille Bardin

Écrit par IEJ3A