Et si le Brexit ne s’appliquait pas ?

Michel Barnier, le négociateur en chef de l’Union Européenne sur le Brexit ne ferme pas la porte à un abandon du Brexit.

Dans un entretien accordé au Figaro et paru ce mardi, Michel Barnier tape du poing sur la table. Il met la pression à Theresa May à qui il donne 90 jours pour clarifier ses choix :  «J’espère que nous y verrons plus clair lors d’un prochain sommet européen à la mi-mars, de la part du gouvernement comme du Parlement britanniques (…). À ce moment clé, les Vingt-Sept exigeront légitimement de savoir où l’on va.». Même si l’abandon du Brexit n’est pas encore d’actualité, le négociateur en chef de l’UE ne ferme toutefois pas totalement la porte à cette hypothèse : «Pour avoir le meilleur de la relation avec l’UE, il faut être à l’intérieur. Mais nous ne travaillons pas aujourd’hui sur cette option.»

Pour la chef de file du projet de sortie de l’Union Européenne, l’étau se resserre. D’autant qu’à l’inverse des illusions de l’avant-référendum, elle vient tout juste d’admettre que Londres paiera cher pour la rupture et que la frontière restera ouverte pour des années aux expatriés du continent. Un revirement auquel doit s’ajouter le discours tenu par Bruxelles, pour qui il n’est pas vraiment question de l’accord «sur mesure» que continue d’annoncer et d’espérer la première ministre britannique. Bien loin de ses promesses d’il y a un an et demi où même en janvier dernier lors d’un discours qu’elle tenait à la Lancaster House dans la capitale anglaise.

 

Le (véritable) projet de Brexit pourrait donc ne pas avoir lieu. Cette hypothèse, encore inconcevable il y a quelques semaines, prend de plus en plus de dimension. En effet, le peuple britannique semble disposé à faire machine arrière devant un scénario qu’il juge moins attrayant que lors du vote, en juin 2016. Un sondage diffusé à la mi-octobre affirme que 52% de Britanniques sont favorables au remain (le maintien du royaume dans l’Union européenne)

 

Si ce retournement demande à être confirmé, il intervient dans un climat gagné par le pessimisme, où le discours des « Brexiters », longtemps dominant, peine désormais à se faire entendre.

Quentin Marchal 

Écrit par IEJ3A