3 choses à savoir sur l’éco-quartier Boucicaut

La fin 2016 a été marquée par les pics de pollution… Plus que la circulation alternée, et si la solution était dans les nouveaux éco-quartiers ? C’est le pari du Boucicaut, dans le XVème arrondissement de Paris.

Un indice de pollution à 9, des taux de particules jamais enregistrés, la capitale suffoque en cette fin d’année en atteignant son pic le 23 décembre. La circulation alternée ne suffit plus et différents organismes tentent d’enrayer le phénomène. A l’instar de Sempariseine, organisme à l’origine du projet de Boucicaut. Une opération dantesque pour une des premières avancées réelles sur le terrain des habitations écologiques de la capitale française. Zoom sur le quartier de demain.

1 –Le projet

Il aura fallu plus de 12 ans de travaux pour voir naître cet éco-quartier en lieu et place de l’ancien hôpital Boucicaut qui a fermé ses portes en 2000. Une fermeture qui a permis à la société Sempariseine d’imaginer le projet. L’idée a pris du poids en 2003 lorsque la mairie de Paris a signé une convention publique d’aménagement avec cette même entreprise. Un aménagement qui s’est partagé en deux parties 2003-2009 et 2010-1016.

Pour la démolition de l’hôpital et la construction du projet Boucicaut, le coût avoisinerait les 300 millions d’euros selon l’agence immobilière La forêt à Felix Faure. Information non officielle que la mairie du XVème arrondissement n’a pas voulu confirmer.

phase 1 – phase 2 des travaux boucicaut

Le projet d’éco-quartier a avant tout une vertu écologique. Comme défi, enrayer une spirale négative où personne ne fait attention à son impact sur notre qualité de vie actuelle ou future.

 2- Les dispositifs de développement durable

Le projet Boucicaut a d’abord mis en avant son extrême implication dans plusieurs points clés. Comme l’explique Yann Wehrling, conseiller du maire à l’environnement :

« Ce chantier est avant tout un défi écologique qui a été réussi, et cela parce qu’on a su respecter des règles qui avait été imposées en amont. »

Ces règles, ce sont « pour les entreprises, des contraintes sur le choix des matériaux, qui doivent être un maximum renouvelables. Il y a aussi des règles qui régissent les obligations concernant la maitrise des ressources énergétiques », détaille-t-il.

La maîtrise des ressources énergétiques concerne l’utilisation de panneaux solaires ainsi que la gestion de l’eau (potable comme usée). Autre point qui constitue un réel apport écologique ce sont le confort des habitations :

« Les appartements ont été pensé de manière écologique, pour être précis, c’est le confort qui a été repensé. Pour éviter un maximum l’utilisation de la lumière, tous les appartenant sont très exposés et très lumineux, idem pour le chauffage, les murs gardent un maximum la chaleur. »

 L’impact de l’éco-quartier ne peut pas être qu’écologique, il se doit aussi d’être social. L’une des forces du projet Boucicaut c’est justement son éventail de logements, qu’ils soient sociaux, prêts à une location ou à un achat.

3-Les logements

 510 habitations, 1.300 habitants, un projet immobilier aussi conséquent que le projet écologique. De nombreux appartements, près de 57%, sont des logements sociaux, un point très important pour Youma Niaré, adjointe du maire au logement et économie solidaire :

« Ce projet a une réelle volonté d’intégrer tous les habitants du XVème, pas seulement les plus riches. L’écologie et le progrès concernent l’ensemble du XVème. »

Si l’adjointe au maire insiste tant sur les logements sociaux, c’est parce que les autres appartements (louables ou achetables) atteignent des prix exorbitants. Difficile pour tout le monde d’avoir un appartement avec un prix au mètre carré allant de 13.000 à 14.000 euros, contre 8.000 à 8.500 euros le mètre carré aux abords du quartier, selon l’estimation de l’agence La Forêt Félix Faure.

L’écologie reste donc un luxe qu’il est difficile de toucher pour l’ensemble des Parisiens. Les projets fleurissent en France et en Europe et sensibilisent de plus en plus de monde, c’est la première étape vers demain.

Hippolyte Claisse 

Écrit par Rodolphe De Oliveira