2017, l’année du dopage

Les affaires de dopages se sont accumulés tout au long de l’année 2017 (crédits photos : Augustas Didzgulvis/ Maxpixel / Kremlin)

Cette année a été riche en rebondissements dans le monde du dopage sportif. Athlétisme, Tennis, Vélo ou même Jeux olympiques, les contrôles sont de plus en plus poussés et les athlètes pris en flagrant délit de plus en plus nombreux. Revenons sur les cinq affaires de dopage qui ont marqué l’année.

 

« Dopage : action de prendre des substances pour voir ses performances physiques augmenter. » Voici la définition d’un acte que réalisent chaque année des milliers de sportifs, et pourtant celui-ci est illégal dans le monde du sport. Chaque année, les cas et affaires se multiplient et l’année 2017 n’est pas épargné. Retour sur les cinq faits marquant de dopage cette année.

 

  • Justin Gatlin, récidiviste ?

 

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Nouvelle tempête médiatique pour Justin Gatlin. Est-il encore dopé ? Le doute plane suite aux révélations du Daily Telegraph où son entraineur, Denis Mitchell, annonce ouvertement un mélange de produits dopants et laisse sous entendre que son athlète serait toujours dopé. Même si le champion du monde en titre sur le 100m, nie et prend ses distances en se séparant de son entraineur, le monde de l’athlétisme ne peut le défendre entièrement.

Et pour cause, l’Américain a été suspendu deux fois dans sa carrière : de 2001 à 2002 puis de 2006 à 2010, suite à des contrôles anti-dopages positifs. La première fois il était dopé aux amphétamines, la deuxième à la testostérone. Depuis son retour sur les pistes, Justin Gatlin est revenu à son plus haut niveau et bat même son plus grand rival, Usain Bolt, aux mondiaux d’athlétisme à Londres cet été. Cette victoire est incontestée mais fortement décriée par le public londonien, qui le siffle à chaque entrée de piste et même sur le podium.

Depuis 5 ans, il enchaine les contrôles qui s’avèrent tous négatifs, et suite à cette affaire va devoir de nouveau faire face à une enquête de la Fédération Internationale d’athlétisme et de l’Agence Américaine anti-dopage.

  • Christopher Froome, son doublé Tour de France-Vuelta remis en cause

Christopher Froome contrôlé positif pendant le Tour d’Espagne (Own work)

Début décembre, le monde du vélo fait face à une nouvelle secousse. Une discipline souvent contesté par les nombreuses affaires de dopage, celle-ci n’est pas en reste avec un contrôle positif, publié par l’Union Cycliste Internationale, qui touche cette fois Christopher Froome. C’était pourtant son année. En 2017, il réalise un beau record : le doublé Tour de France-Vuelta, jamais effectué dans ce sens; et remporte aussi le Vélo d’or.

Mais tout cela pourrait être remis en cause. Le leader de l’équipe Sky a été contrôlé positif sur la Vuelta (Tour d’Espagne) au bronchodilatateur salbutamol. Asthmatique depuis de nombreuses années, et officiellement annoncé en 2014, Christopher Froome est suivi par son médecin et prend un traitement réglementé. Seulement, cette fois les doses accumulées dans son organisme sont deux fois supérieures à la limite autorisée. Le quadruple vainqueur du Tour de France se défend au micro de la BBC : « Je comprends que cela choque de nombreuses personnes, mais je maintiens ce que j’ai toujours dit, je n’ai enfreint aucune règle. (…) Je connais les limites et je ne les ai jamais dépassées« . En effet, pendant le Tour d’Espagne, il aurait eu une rechute et aurait dû augmenter les doses de son traitement.

Malgré les doutes qui planent au dessus de sa tête, Froome n’est pas suspendu et prépare déjà la saison 2018. Son objectif ? Le doublé Giro (Tour d’Italie)-Tour de France.

  • La Russie, une suspension inédite

La Russie de Vladimir Poutine ne participera pas aux Jeux olympiques en Corée du Sud (Kremlin.ru)

Le drapeau et l’hymne russe ne retentira pas aux Jeux olympiques de Pyeongchang, en Corée du Sud, en février prochain : une première dans l’histoire de l’olympisme. La commission exécutive du CIO a pris sa décision, face aux preuves accusant la Russie d’avoir organisé un dopage industriel de ses athlètes pendant les derniers Jeux olympiques à Sotchi en 2014. Cependant, certains athlètes pourront participer à ses prochains Jeux d’hiver sous bannière neutre.

En parallèle, la Russie est aussi sanctionnée d’une amende de 15 millions de dollars. Une somme qui rembourse les frais engagés par le CIO et finance la future Autorité indépendante de contrôle, ainsi que le dopage organisé avant et pendant les Jeux Olympiques de Londres, en 2012, et de Sotchi en 2014.

Le CIO prendra aussi des mesures efficaces en ce qui concerne les athlètes impliqués. Ils sont déjà 25 sportifs sanctionnés, dont le double médaillé d’or en bobsleigh et six joueuses de hockey sur glace, bannis à vie des JO. Les têtes devraient continuer de tombées…

  • Sanction pour Roselyne Bachelot

Roselyne Bachelot condamnée pour diffamation à l’encontre de Rafael Nadal (Flickr)

L’ancienne ministre de la Santé et des Sports, Roselyne Bachelot a été condamnée en novembre dernier à 500 euros d’amende avec sursis. La raison ? Elle a accusé le tennisman Rafael Nadal de dopage. Elle doit aussi verser 10 000 euros de dommages et intérêts à l’espagnol,  alors qu’il en demandait 100 000.

L’affaire a débuté en mars 2016, lors d’une émission télévisée sur D8, où Roselyne Bachelot était interrogé sur le contrôle anti-dopage positif de Maria Sharapova, une tenniswoman russe. Elle avait alors accusé le numéro 1 d’avoir feinté une blessure en 2012 à la suite d’un contrôle anti-dopage positif : « On sait que la fameuse blessure de Rafael Nadal, quand il a été arrêté sept mois, est certainement due à un contrôle positif ». Immédiatement, le décuple vainqueur de Rolland Garros a attaqué Roselyne Bachelot en diffamation.

  • Maria Sharapova, le retour pas si attendu

Maria Sharapova fait son retour sur les terrains de tennis en avril 2017 (Yann Caradec/ Flickr)

Après une suspension de quinze mois pour dopage, Maria Sharapova, l’ex numéro une mondiale de tennis, a fait son retour sur les courts. Et cela n’a pas plu à tout le monde.

Premier tournoi auquel elle participe : le « Porsche Tennis Grand Prix » à Stuttgart, du 24 au 30 avril dernier, mais normalement elle n’aurait pas dû y participer car sa suspension s’arrêtait le 26 avril. Mais grâce à sa notoriété, les organisateurs du tournoi s’arrange pour la faire débuter la compétition le 26 avril, soit deux jours après les autres. Et ce n’est pas tout. Sharapova n’était plus classé à la WTA (classement officiel des joueuses) et devait, pour participer à cet événement, disposé d’une invitation des organisateurs. Celle-ci est généralement attribuée à des compétiteurs de leur pays, des espoirs ou à des joueurs revenant de blessures.

Des avantages qui n’ont pas été apprécié par tout le monde et surtout par ses adversaires. « Je ne suis pas d’accord avec le fait de donner des wild cards dans ce tournoi, mais aussi au tournoi de Rome ou dans n’importe quel autre tournoi » déclare Roberta Vinci, 36ème mondiale, à la BBC. La question se pose donc, un athlète dopé qui revient sur le devant du terrain peut-il faire l’unanimité ?

 

Juliette Prigent

Illustré par Benjamin Teil

 

 

Écrit par IEJ3B