13 novembre : « nous avons mille questions et nous attendons des réponses »

Auditionnés par une commission d’enquête, les victimes et leurs proches déplorent les défaillances de la police et des renseignements le soir des attentats du 13 novembre. 

Des mots très durs ont été prononcés durant l’audition des victimes et des proches devant la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale relative « aux moyens mis en place par l’Etats pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier ». Numéro d’urgence saturé, failles de sécurité, désorganisation… L’Etat et les dispositifs policiers ont été violemment critiqués par les témoins. « Nous avons mille questions et nous attendons des réponses. » expliqua Georges Salines, le président de l’association 13 novembre : fraternité et vérité, durant son audition de lundi.

La prise en charge des victimes remise en question 

Dans les échanges avec les membres de la commission, c’est la communication et la prise en charge maladroite voire défaillante des victimes et de leurs proches qui a occupé les débats et les discussions. « La policière m’a raccroché au nez » avoue Caroline Langlade, une otage du Bataclan. Elle a réussi à joindre le 17 à deux reprises mais ne pouvant pas parler très fort, les autorités l’ont accusé de « bloquer la ligne pour les vraies urgences ».

Le soir des attaques, « le numéro vert n’était pas accessible depuis l’étranger, où je me trouvais ! » dénonce Sophie Dias qui était au Portugal pendant les fusillades. Son père est tombé sous les balles devant le Stade de France. Elle n’a été prévenue par le Quai d’Orsay seulement le 15 novembre.

Le manque de suivi des victimes après les attentats est aussi au coeur des débats. Pour Mohammed Zenak, père de Sonia blessée au Comptoir Voltaire, sa fille n’a pas du tout été suivie après ces opérations. Après sa sortie « pas du tout préparée », Sonia a dû attendre presque 10 jours avant d’obtenir un soutien psychologique. En attendant, la famille s’est débrouillée par ses propres moyens.

La réponse de l’Etat critiquée

Grégory Reibenberg, patron de La Belle Équipe où 20 personnes ont trouvé la mort, s’est énervé contre la réaction de l’Etat face aux attaques.

«Je n’allume pas la télé ou la radio, le peu que j’entends c’est sur la déchéance de nationalité. Je me dis putain, depuis le 7 janvier, c’est ça? Un symbole qui, à mon sens, ne sert à rien? C’est ça? Vous avez un problème de moteur et vous vous occupez de la couleur de la banquette. Je ne comprends pas» s’est agacé le patron de La Belle Equipe devant la commission.

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Juliette Vignaud

 

 

Écrit par Juliette Vignaud