Alain Giresse : parole de champion
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Alain Giresse – 42 sélections en équipe de France (photo prétexte)

Aujourd’hui à la tête de la sélection malienne, Alain Giresse garde un oeil attentif sur l’équipe de France. Fort de ses 42 sélections, le Girondin faisait partie de l’équipe victorieuse de l’Euro 1984 en France. Entre gestion de la pression, souvenirs et ferveur populaire, il revient pour nous sur cette victoire dans la capitale, 32 ans plus tard.

Que représentait pour vous l’Euro en 1984 en France ?

Pour les acteurs que nous étions, il y avait cet honneur, ce plaisir de participer, mais aussi de continuer l’aventure après notre Coupe du monde en 1982. On était plein d’espoir après cette Coupe du monde, on avait en tête de faire un résultat, d’autant plus qu’on allait jouer cet Euro sur notre territoire. Mais aussi de savoir que ça allait être un événement énorme, qu’on allait avoir toute la population derrière nous.

Justement, le fait que cet Euro soit dans son pays, n’est-ce pas une pression supplémentaire ?

Evidement la pression est bien plus élevée, il y a un tel engouement. Imaginez que tout un pays est derrière vous ! Par contre, on ne l’a jamais considérée comme un handicap bien au contraire ! Tout ce soutien, on a considéré que ça devait un élément positif.

A l’approche de n’importe quelle compétition internationale, il y a un sentiment spécial. Une forme de tension : le stress que tout le monde connaît. Mais on en a l’habitude, c’est un élément que l’on devait maîtriser. A domicile, cette pression supplémentaire devait nous transcender, pas nous limiter, c’est comme ça qu’il faut le prendre et j’espère que pour l’Euro 2016, les joueurs vont le prendre comme cela.

Pouvez-vous décrire votre plus beau moment durant cet Euro 1984 ?

La finale ! Et s’il faut en sortir un moment très précis, c’est le moment où il faut aller chercher la coupe dans la tribune. A cet instant ça devient concret ! On va la chercher cette coupe !  Ca reste un des plus grands moments de ma carrière, un titre, c’est un couronnement. Le but suprême était de gagner et nous l’avons fait. Vous pouvez avoir de grands moments dans une compétition et nous en avons eu en 1982 avec cette équipe de France, mais sans titre la finalité n’est évidemment pas la même.

Après votre victoire contre l’Espagne en finale (2-0), quelle était la ferveur dans Paris ?

Les gens étaient dans les rues, ça défilait de partout ! Nous, on a été assez sobre puisqu’on est parti tous ensemble du Parc des Princes à la FFF, un dîner y était organisé, puis après chacun était libre de faire ce qu’il voulait. En allant du stade à la fédé, c’est vrai qu’on pouvait se rendre compte de l’ambiance qui régnait dans la ville. 

L’Euro 2016 débute le 10 juin prochain pour nos Bleus, quels conseils donneriez-vous aux joueurs avant de se lancer dans cette compétition ?

Je rappellerais que c’est un rendez-vous à domicile, sur son territoire, avec tout l’engouement que cela génère. Puis, je leur dirais de ne pas craindre cet Euro, de ne pas se dire « on est attendu »,  mais au contraire se dire « on a la chance de jouer à domicile, il faut l’utiliser ». On sait que jouer sur notre territoire donne plus de conviction. En 84, on se posait la question, mais la réponse était évidente: « on est à domicile, on ne craint personne ! On part pour gagner tous nos matchs ! ». Il faut que les joueurs partent avec ce même état d’esprit.

Un pronostic pour l’Equipe de France durant l’Euro ?

Je ne me pose même pas la question ! On part pour gagner nos matchs, autant on se moque de nous quand on utilise l’expression « match après match » mais c’est une réalité pour les joueurs, pour le staff, pour le coach.

Votre génération 84 avait Platini, la génération 98 avait un certain Zidane, quel joueur peut mettre l’équipe de France sur orbite comme ont pu le faire ces deux légendes ?

Par rapport aux joueurs que vous citez… Vous n’en avez pas ! L’équipe de France doit s’appuyer sur son collectif.

Eliot Deval et Jacques-Olivier Busi

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Écrit par jolivier.busi